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vendredi 28 février 2020
mercredi 27 mai 2015
mardi 10 août 2010
Se disant cancéreuse, elle lance une collecte de fonds sur Facebook
L'histoire est tristement pathétique. Souffrant apparemment d'un déficit aigu d'affection et d'attention, une jeune Canadienne s'est rasée les cheveux et les sourcils pour se dire cancéreuse et collecter plusieurs milliers de dollars de dons, avant de finir en prison pour fraude.
Elle avait notamment créé une page sur Facebook et utilisé le réseau de socialisation pour réunir des groupes de soutien qui lui ont remis de l'argent en espèces, sans jamais demander ni obtenir de reçu. Plusieurs médias canadiens consacraient lundi beaucoup de place à l'affaire d'Ashley Kirilow, 23 ans, et les télévisions affichaient ses photos, un foulard blanc couvrant son crâne rasé. Elle s'est présentée vendredi dernier à la police en Ontario, qui enquêtait sur elle depuis plus d'un mois, pour être incarcérée sous l'inculpation de fraude de moins de cinq mille dollars canadiens (4.850 dollars US). Mais des amis qu'elle avait trouvés grâce à son subterfuge estiment ses gains à environ 20.000 dollars.
Elle se disait orpheline
Selon un communiqué de la police, elle a conduit pendant plusieurs mois des collectes de fonds, notamment lors de concerts, dont certains organisés pour elle, avec l'aide de plusieurs personnes qu'elle est parvenue à convaincre qu'elle avait un cancer et n'avait plus que quelques semaines à vivre. Sur Facebook, elle a prétendu rassembler de l'argent pour une organisation sans existence légale baptisée "Change for a Cure". La jeune femme se disait orpheline et prétendait que ses parents étaient toxicomanes. En fait, ils sont divorcés et remariés et elle avait essayé sans succès de les convaincre qu'elle avait un cancer. Une audience sur son éventuelle remise en liberté sous caution a été fixée à mercredi. Entre-temps, une vague de messages indignés voire fortement injurieux a déferlé sur sa page Facebook.
http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2010-08/se-disant-cancereuse-elle-lance-une-collecte-de-fonds-sur-facebook-6033357.html
Elle avait notamment créé une page sur Facebook et utilisé le réseau de socialisation pour réunir des groupes de soutien qui lui ont remis de l'argent en espèces, sans jamais demander ni obtenir de reçu. Plusieurs médias canadiens consacraient lundi beaucoup de place à l'affaire d'Ashley Kirilow, 23 ans, et les télévisions affichaient ses photos, un foulard blanc couvrant son crâne rasé. Elle s'est présentée vendredi dernier à la police en Ontario, qui enquêtait sur elle depuis plus d'un mois, pour être incarcérée sous l'inculpation de fraude de moins de cinq mille dollars canadiens (4.850 dollars US). Mais des amis qu'elle avait trouvés grâce à son subterfuge estiment ses gains à environ 20.000 dollars.
Elle se disait orpheline
Selon un communiqué de la police, elle a conduit pendant plusieurs mois des collectes de fonds, notamment lors de concerts, dont certains organisés pour elle, avec l'aide de plusieurs personnes qu'elle est parvenue à convaincre qu'elle avait un cancer et n'avait plus que quelques semaines à vivre. Sur Facebook, elle a prétendu rassembler de l'argent pour une organisation sans existence légale baptisée "Change for a Cure". La jeune femme se disait orpheline et prétendait que ses parents étaient toxicomanes. En fait, ils sont divorcés et remariés et elle avait essayé sans succès de les convaincre qu'elle avait un cancer. Une audience sur son éventuelle remise en liberté sous caution a été fixée à mercredi. Entre-temps, une vague de messages indignés voire fortement injurieux a déferlé sur sa page Facebook.
http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2010-08/se-disant-cancereuse-elle-lance-une-collecte-de-fonds-sur-facebook-6033357.html
lundi 19 juillet 2010
Le périple d'une famille géorgienne demandeuse d'asile
Georgi Odikadze, huit mois et né en France, attend au centre de rétention de Lyon une probable expulsion, avec son père malade et sa mère risquant la fausse couche
"Fausse couche en cours". Le diagnostic est tombé vendredi 16 juillet pour Zinaida Odikadze, une Georgienne enfermée au centre de détention de Lyon avec son mari malade et son bébé de 8 mois, né en France.
Les cris du petit Georgi et le stress de l'expulsion repoussée in extremis plusieurs fois, explique l'association "Réseau éducation sans frontières" (RESF), ont eu raison de sa santé. Et de celle de l'enfant à naître. Ramenée au centre de détention où elle a passé le weekend, Zinaida devait revoir le médecin lundi. Pour voir si "tout est normal".
Exilés par amour
Zinaida et David Odikadze ont dû fuir leurs terres. En juin 2009, ils quittent la Géorgie, poussés hors des frontières par leurs familles qui n'acceptent pas leur union. Arrivés en Pologne, David apprend qu'il a une hépatite C. Les coups portés par l'une des familles avaient nécessité des transfusions porteuses de la maladie.
Mais en Pologne, l'homme ne supporte pas la violence du camp de réfugiés. Il fuit une nouvelle fois, emmenant sa femme enceinte vers la France. Fin septembre, le couple arrive à Grenoble, où il dépose une demande d'asile. Demande que la France refuse d'examiner, les deux Géorgiens étant entrés en Europe par la Pologne.
En octobre 2009, leur premier enfant, Georgi, naît à l'hôpital de La Tronche, près de Grenoble.
Les choses s'accélèrent
Pour les autorités, Zinaida et David sont donc des demandeurs d'asile relevant des accords Dublin 2 : ils doivent retourner dans le premier pays par lequel ils sont entrés en Europe pour y déposer une demande d'asile. D'où les deux refus de la Préfecture d'Isère d'accorder une carte de séjour pour étranger malade à David et une carte d'accompagnant à Zinaida.
Le 7 juillet, la famille est arrêtée à son domicile dans le but d'être expulsée, dès le lendemain, vers la Pologne. Leur avocat fait appel de l'expulsion, mais le tribunal administratif de Lyon confirme, le 8 juillet, que la famille est toujours expulsable.
Mari, femme et enfant sont maintenus, pour quinze jours, au centre de rétention administrative de Lyon sur une décision du juge des libertés et de la détention, le 9 juillet. Un délai nécessaire pour que la préfecture obtienne de la Pologne un nouvel arrêté de réadmission.
Zinaida est à nouveau enceinte. Dans la prison administrative, entre son fils de huit mois qui pleure sans cesse, son mari souffrant et le stress de l'expulsion, Zinaida est "prise de douleurs", selon un communiqué de RESF. Transportée à l'hôpital, le diagnostic tombe : "fausse couche en cours".
Ramenée au centre de rétention pour le weekend, elle devait revoir le médecin lundi 19 juillet. Une consultation que Denise Bergeron, membre de l'association qui suit la famille, attendait. Car l'espoir, c'est que "le médecin fasse une lettre établissant qu'elle n'est pas transportable". Pour repousser l'expulsion, une nouvelle fois. En supposant que cela ne se fasse pas une nouvelle fois au dépens de la santé de Zinaida.
Seulement, les dernières nouvelles reçues par Denise Bergeron lorsque la mère de famille était en consultation ne sont pas rassurantes. "Manifestement, elle allait très mal, comme toute la famille d'ailleurs."
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100719.OBS7346/le-periple-d-une-famille-georgienne-demandeuse-d-asile.html
"Fausse couche en cours". Le diagnostic est tombé vendredi 16 juillet pour Zinaida Odikadze, une Georgienne enfermée au centre de détention de Lyon avec son mari malade et son bébé de 8 mois, né en France.
Les cris du petit Georgi et le stress de l'expulsion repoussée in extremis plusieurs fois, explique l'association "Réseau éducation sans frontières" (RESF), ont eu raison de sa santé. Et de celle de l'enfant à naître. Ramenée au centre de détention où elle a passé le weekend, Zinaida devait revoir le médecin lundi. Pour voir si "tout est normal".
Exilés par amour
Zinaida et David Odikadze ont dû fuir leurs terres. En juin 2009, ils quittent la Géorgie, poussés hors des frontières par leurs familles qui n'acceptent pas leur union. Arrivés en Pologne, David apprend qu'il a une hépatite C. Les coups portés par l'une des familles avaient nécessité des transfusions porteuses de la maladie.
Mais en Pologne, l'homme ne supporte pas la violence du camp de réfugiés. Il fuit une nouvelle fois, emmenant sa femme enceinte vers la France. Fin septembre, le couple arrive à Grenoble, où il dépose une demande d'asile. Demande que la France refuse d'examiner, les deux Géorgiens étant entrés en Europe par la Pologne.
En octobre 2009, leur premier enfant, Georgi, naît à l'hôpital de La Tronche, près de Grenoble.
Les choses s'accélèrent
Pour les autorités, Zinaida et David sont donc des demandeurs d'asile relevant des accords Dublin 2 : ils doivent retourner dans le premier pays par lequel ils sont entrés en Europe pour y déposer une demande d'asile. D'où les deux refus de la Préfecture d'Isère d'accorder une carte de séjour pour étranger malade à David et une carte d'accompagnant à Zinaida.
Le 7 juillet, la famille est arrêtée à son domicile dans le but d'être expulsée, dès le lendemain, vers la Pologne. Leur avocat fait appel de l'expulsion, mais le tribunal administratif de Lyon confirme, le 8 juillet, que la famille est toujours expulsable.
Mari, femme et enfant sont maintenus, pour quinze jours, au centre de rétention administrative de Lyon sur une décision du juge des libertés et de la détention, le 9 juillet. Un délai nécessaire pour que la préfecture obtienne de la Pologne un nouvel arrêté de réadmission.
Zinaida est à nouveau enceinte. Dans la prison administrative, entre son fils de huit mois qui pleure sans cesse, son mari souffrant et le stress de l'expulsion, Zinaida est "prise de douleurs", selon un communiqué de RESF. Transportée à l'hôpital, le diagnostic tombe : "fausse couche en cours".
Ramenée au centre de rétention pour le weekend, elle devait revoir le médecin lundi 19 juillet. Une consultation que Denise Bergeron, membre de l'association qui suit la famille, attendait. Car l'espoir, c'est que "le médecin fasse une lettre établissant qu'elle n'est pas transportable". Pour repousser l'expulsion, une nouvelle fois. En supposant que cela ne se fasse pas une nouvelle fois au dépens de la santé de Zinaida.
Seulement, les dernières nouvelles reçues par Denise Bergeron lorsque la mère de famille était en consultation ne sont pas rassurantes. "Manifestement, elle allait très mal, comme toute la famille d'ailleurs."
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100719.OBS7346/le-periple-d-une-famille-georgienne-demandeuse-d-asile.html
mercredi 7 juillet 2010
Séquestré près d’Ajaccio, un couple parle
Près d’un mois après, Patrick et Elisabeth Römer ne comprennent toujours pas pourquoi ils ont été pris pour cible, le 14 juin dernier, par un commando se présentant comme appartenant au FLNC. Ce soir-là, vers 20 h 15, ils s’apprêtaient à passer à table avec leurs trois enfants âgés de huit, six, et quatre ans, quand quatre hommes encagoulés et armés ont fait irruption dans leur petite maison de 45 m² située à Ocana, à une vingtaine de kilomètres d’Ajaccio.
« Ce qui m’a le plus révolté, explique Elisabeth, c’est qu’ils agissent devant nos enfants. Aujourd’hui encore, dès que mes deux filles voient des personnes en treillis, elles ont peur, elles pleurent. La petite, qui n’a que 4 ans, a peur de se faire tuer. »
Le soir de l’attentat, les quatre hommes ont attaché le père de famille en lui braquant une arme de poing sur la tempe. Ensuite, ils sont allés poser des charges explosives sur trois bâtiments en construction, deux gîtes appartenant à la famille et une maison située sur un bout de terrain adjacent que les Römer avaient vendu quelques mois auparavant à un galeriste parisien. « Je leur ai demandé si l’on pouvait discuter, raconte Patrick. Ils m’ont dit oui, on est sorti, et nous avons parlé, en corse ! Ils m’ont dit qu’ils étaient là à cause “de la spéculation”. Bien sûr, j’ai pensé à la vente de mon terrain, je leur ai dit que j’avais dû le vendre car la banque nous avait refusé un prêt et que nous avions besoin d’argent pour finir l’exploitation. Ils m’ont répondu qu’ils n’en avaient pas après moi, et que si je restais tranquille, tout se passerait bien. »
Installé depuis plusieurs années à Ocana, Patrick est oléiculteur. Elisabeth, elle, élève des chevaux sur la propriété. Jamais ils n’avaient été menacés. « On pensait bien faire. Personne n’était intéressé par le terrain dans les environs. On n’a pas eu le déclic de se dire qu’on prenait un risque en vendant le terrain à une personne étrangère à la région. »
Aujourd’hui, même s’ils se considèrent comme des victimes, les Römer veulent rester positif, aller de l’avant et, surtout, pas question de s’en aller. « Je suis arrivé sur l’île à l’âge de 5 ans, confie Patrick, j’en ai aujourd’hui 53, je vis corse, je parle corse. J’ai toujours pensé qu’on ne naît pas corse mais qu’on le devient. Moi, c’est la Corse qui m’a choisi. »
http://www.francesoir.fr/faits-divers/sequestre-pres-d-ajaccio-un-couple-parle
« Ce qui m’a le plus révolté, explique Elisabeth, c’est qu’ils agissent devant nos enfants. Aujourd’hui encore, dès que mes deux filles voient des personnes en treillis, elles ont peur, elles pleurent. La petite, qui n’a que 4 ans, a peur de se faire tuer. »
Le soir de l’attentat, les quatre hommes ont attaché le père de famille en lui braquant une arme de poing sur la tempe. Ensuite, ils sont allés poser des charges explosives sur trois bâtiments en construction, deux gîtes appartenant à la famille et une maison située sur un bout de terrain adjacent que les Römer avaient vendu quelques mois auparavant à un galeriste parisien. « Je leur ai demandé si l’on pouvait discuter, raconte Patrick. Ils m’ont dit oui, on est sorti, et nous avons parlé, en corse ! Ils m’ont dit qu’ils étaient là à cause “de la spéculation”. Bien sûr, j’ai pensé à la vente de mon terrain, je leur ai dit que j’avais dû le vendre car la banque nous avait refusé un prêt et que nous avions besoin d’argent pour finir l’exploitation. Ils m’ont répondu qu’ils n’en avaient pas après moi, et que si je restais tranquille, tout se passerait bien. »
Installé depuis plusieurs années à Ocana, Patrick est oléiculteur. Elisabeth, elle, élève des chevaux sur la propriété. Jamais ils n’avaient été menacés. « On pensait bien faire. Personne n’était intéressé par le terrain dans les environs. On n’a pas eu le déclic de se dire qu’on prenait un risque en vendant le terrain à une personne étrangère à la région. »
Aujourd’hui, même s’ils se considèrent comme des victimes, les Römer veulent rester positif, aller de l’avant et, surtout, pas question de s’en aller. « Je suis arrivé sur l’île à l’âge de 5 ans, confie Patrick, j’en ai aujourd’hui 53, je vis corse, je parle corse. J’ai toujours pensé qu’on ne naît pas corse mais qu’on le devient. Moi, c’est la Corse qui m’a choisi. »
http://www.francesoir.fr/faits-divers/sequestre-pres-d-ajaccio-un-couple-parle
dimanche 4 juillet 2010
.Un enfant marche 70km pour son père
Un enfant de 12 ans, Johan Martinez, a parcouru 70 km à pied dans le sud-ouest de la Colombie de vendredi à samedi pour réclamer la libération de son père, le sergent Libio Martinez, le plus ancien otage de la guerilla des Farc, séquestré avant sa naissance.
"Petit papa chéri, j'ai terminé aujourd'hui une marche pour demander à la Vierge Marie qu'elle t'aide à rentrer bientôt à la maison pour que nous soyons ensemble", a affirmé l'enfant à son arrivée à Ancuya, à 850 km au sud-ouest de Bogota.
Johan Martinez avait quitté vendredi la ville de Pasto, capital du département de Narino, à la frontière avec l'Equateur, en compagnie de quelque 60 proches et amis.
A Ancuya, les participants à cette marche ont assisté à un office religieux au sanctuaire de la Vierge de la visitation, où ils ont prié pour la libération du sergent Martinez, enlevé par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), lors de l'attaque d'une caserne en décembre 1997, trois mois avant la naissance du petit Johan.
Libio Martinez, 33 ans, est devenu le plus ancien otage des Farc depuis la libération en mars dernier du sergent Pablo Moncayo, enlevé en même temps que lui. Le groupe guérillero a en son pouvoir une vingtaine de membres des forces de sécurité, enlevés au cours de diverses opérations dans les dernières années, qu'il prétend échanger 500 de ses membres emprisonnés, ce à quoi se refuse le gouvernement.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/07/04/97001-20100704FILWWW00020-un-enfant-marche-70km-pour-son-pere.php
"Petit papa chéri, j'ai terminé aujourd'hui une marche pour demander à la Vierge Marie qu'elle t'aide à rentrer bientôt à la maison pour que nous soyons ensemble", a affirmé l'enfant à son arrivée à Ancuya, à 850 km au sud-ouest de Bogota.
Johan Martinez avait quitté vendredi la ville de Pasto, capital du département de Narino, à la frontière avec l'Equateur, en compagnie de quelque 60 proches et amis.
A Ancuya, les participants à cette marche ont assisté à un office religieux au sanctuaire de la Vierge de la visitation, où ils ont prié pour la libération du sergent Martinez, enlevé par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), lors de l'attaque d'une caserne en décembre 1997, trois mois avant la naissance du petit Johan.
Libio Martinez, 33 ans, est devenu le plus ancien otage des Farc depuis la libération en mars dernier du sergent Pablo Moncayo, enlevé en même temps que lui. Le groupe guérillero a en son pouvoir une vingtaine de membres des forces de sécurité, enlevés au cours de diverses opérations dans les dernières années, qu'il prétend échanger 500 de ses membres emprisonnés, ce à quoi se refuse le gouvernement.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/07/04/97001-20100704FILWWW00020-un-enfant-marche-70km-pour-son-pere.php
vendredi 7 mai 2010
"Le 7 mai 1945 est la vraie date de la capitulation"
Il y a soixante-cinq ans, les forces alliées mettaient fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Retour sur ce moment historique avec Marc Bouxin, conservateur en chef du patrimoine et directeur du Musée de la Reddition du 7 mai 1945 à Reims.
Le 7 mai 1945 à 2h41 du matin, l'acte de reddition de l'armée allemande est signé par le général Jodl à Reims. Pourquoi dans cette ville ?
Parce que c'est ici qu'est implanté le quartier général de l'Etat-major suprême des Forces expéditionnaires alliées en Europe, dirigées par le commandant en chef Eisenhower. Après la bataille des Ardennes de décembre 1944, ce dernier a souhaité se retrouver au plus près du front. C'est pourquoi, le 15 février de l'année suivante, il décide de déplacer son siège de Versailles à Reims. Choix mûrement réfléchi, car la ville bénéficie d'excellents moyens de communication routiers et ferroviaires, ainsi que d'importantes bases aériennes. Toutes ces structures étaient opérationnelles, car elles n'avaient pas été détruites par l'armée allemande.
Que stipule précisément l'acte de reddition ?
Il reconnaît la capitulation sans condition du Troisième Reich - sur les deux fronts simultanément - et ordonne la cessation des combats le 8 mai à 23h01. Quatre généraux ont apposé leur signature à cet acte: Jodl, chef d'état-major des forces armées allemandes ; l'Américain Bedell-Smith, au nom du camp allié ; Sousloparov, pour l'Armée Rouge et le Français Sevez, adjoint du général Juin retenu aux Etats-Unis. Eisenhower avait, en effet, demandé par courtoisie à ce qu'un représentant français puisse signer un acte établi sur son propre sol.
Quelle était l'atmosphère autour de la table ?
Tendue et grave. Chacun avait conscience de ce moment historique. Plus de cinq années de souffrances terribles allaient prendre fin. Dix-sept correspondants de guerre étaient présents pour immortaliser l'instant. Albert Meserlin, le photographe d'Eisenhower, m'a raconté que, de toute sa carrière, il n'avait jamais eu à travailler aussi vite que ce jour-là. Car tout s'est passé de façon extrêmement rapide. Impression confirmée par Suzan Ibert, la dactylographe en charge de rédiger l'acte en anglais. Quand je l'ai rencontrée, en 2005, elle m'a décrit précisément ce moment: "C'était une horreur. On nous apportait au fur et à mesure le résultats des négociations. Il fallait à chaque fois repartir de zéro et faire des modifications dans l'urgence. Quand j'ai rendu mon papier, j'étais lessivée et en larmes. Un officier m'a apporté une flûte de champagne pour me consoler."
Pourquoi Staline exigea-t-il l'organisation d'une seconde cérémonie à Berlin le 8 mai?
Il était furieux que les Allemands se soient rendus à Reims. Et révolté qu'un délai ait été accordé à la Wehrmarcht pour lui permettre de gagner les zones occidentales sans se faire prendre par l'Armée Rouge. Staline voulait, pour des raisons évidentes de propagande, que la capitulation ait lieu à l'Est. Il faut dire qu'avec plus de vingt-cinq millions de morts, l'U.R.S.S. avait porté sur ses épaules une immense partie du poids de la guerre. C'est pourquoi Churchill et Truman ont accepté la demande du dirigeant soviétique d'organiser une seconde cérémonie sur le front oriental - malgré l'opposition viscérale d'Eisenhower. Pour lui, la capitulation rémoise suffisait. Mais il a dû accepter qu'elle ne soit considérée que comme provisoire. Dès lors, Berlin ayant été prise par les Soviétiques le 2 mai, cette ville constituait symboliquement le meilleur endroit pour rendre hommage au Petit père des peuples.
L'acte signé à Berlin le 8 mai peu avant minuit ne fait-il donc qu'entériner ce qui a été conclu à Reims ?
Tout à fait. Le document est quasiment le même. Si la mémoire collective européenne a conservé la date du 8 mai pour commémorer la capitulation allemande, c'est parce que la nouvelle a été annoncée dans toutes les capitales occidentales ce jour-là, à 15h. Soit plus de vingt-quatre heures après la signature de Jodl à Reims. Mais en Russie, c'est la date du 9 mai qui est célébrée chaque année. Car Staline voulait que l'heure officielle de la capitulation soit établie à partir du fuseau horaire soviétique. L'ironie de l'Histoire, si l'on peut dire, est donc que la capitulation allemande est fêtée le 8 ou le 9 mai, alors qu'en réalité, l'événement a eu lieu le 7.
L'Express
Le 7 mai 1945 à 2h41 du matin, l'acte de reddition de l'armée allemande est signé par le général Jodl à Reims. Pourquoi dans cette ville ?
Parce que c'est ici qu'est implanté le quartier général de l'Etat-major suprême des Forces expéditionnaires alliées en Europe, dirigées par le commandant en chef Eisenhower. Après la bataille des Ardennes de décembre 1944, ce dernier a souhaité se retrouver au plus près du front. C'est pourquoi, le 15 février de l'année suivante, il décide de déplacer son siège de Versailles à Reims. Choix mûrement réfléchi, car la ville bénéficie d'excellents moyens de communication routiers et ferroviaires, ainsi que d'importantes bases aériennes. Toutes ces structures étaient opérationnelles, car elles n'avaient pas été détruites par l'armée allemande.
Que stipule précisément l'acte de reddition ?
Il reconnaît la capitulation sans condition du Troisième Reich - sur les deux fronts simultanément - et ordonne la cessation des combats le 8 mai à 23h01. Quatre généraux ont apposé leur signature à cet acte: Jodl, chef d'état-major des forces armées allemandes ; l'Américain Bedell-Smith, au nom du camp allié ; Sousloparov, pour l'Armée Rouge et le Français Sevez, adjoint du général Juin retenu aux Etats-Unis. Eisenhower avait, en effet, demandé par courtoisie à ce qu'un représentant français puisse signer un acte établi sur son propre sol.
Quelle était l'atmosphère autour de la table ?
Tendue et grave. Chacun avait conscience de ce moment historique. Plus de cinq années de souffrances terribles allaient prendre fin. Dix-sept correspondants de guerre étaient présents pour immortaliser l'instant. Albert Meserlin, le photographe d'Eisenhower, m'a raconté que, de toute sa carrière, il n'avait jamais eu à travailler aussi vite que ce jour-là. Car tout s'est passé de façon extrêmement rapide. Impression confirmée par Suzan Ibert, la dactylographe en charge de rédiger l'acte en anglais. Quand je l'ai rencontrée, en 2005, elle m'a décrit précisément ce moment: "C'était une horreur. On nous apportait au fur et à mesure le résultats des négociations. Il fallait à chaque fois repartir de zéro et faire des modifications dans l'urgence. Quand j'ai rendu mon papier, j'étais lessivée et en larmes. Un officier m'a apporté une flûte de champagne pour me consoler."
Pourquoi Staline exigea-t-il l'organisation d'une seconde cérémonie à Berlin le 8 mai?
Il était furieux que les Allemands se soient rendus à Reims. Et révolté qu'un délai ait été accordé à la Wehrmarcht pour lui permettre de gagner les zones occidentales sans se faire prendre par l'Armée Rouge. Staline voulait, pour des raisons évidentes de propagande, que la capitulation ait lieu à l'Est. Il faut dire qu'avec plus de vingt-cinq millions de morts, l'U.R.S.S. avait porté sur ses épaules une immense partie du poids de la guerre. C'est pourquoi Churchill et Truman ont accepté la demande du dirigeant soviétique d'organiser une seconde cérémonie sur le front oriental - malgré l'opposition viscérale d'Eisenhower. Pour lui, la capitulation rémoise suffisait. Mais il a dû accepter qu'elle ne soit considérée que comme provisoire. Dès lors, Berlin ayant été prise par les Soviétiques le 2 mai, cette ville constituait symboliquement le meilleur endroit pour rendre hommage au Petit père des peuples.
L'acte signé à Berlin le 8 mai peu avant minuit ne fait-il donc qu'entériner ce qui a été conclu à Reims ?
Tout à fait. Le document est quasiment le même. Si la mémoire collective européenne a conservé la date du 8 mai pour commémorer la capitulation allemande, c'est parce que la nouvelle a été annoncée dans toutes les capitales occidentales ce jour-là, à 15h. Soit plus de vingt-quatre heures après la signature de Jodl à Reims. Mais en Russie, c'est la date du 9 mai qui est célébrée chaque année. Car Staline voulait que l'heure officielle de la capitulation soit établie à partir du fuseau horaire soviétique. L'ironie de l'Histoire, si l'on peut dire, est donc que la capitulation allemande est fêtée le 8 ou le 9 mai, alors qu'en réalité, l'événement a eu lieu le 7.
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