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mercredi 16 mars 2011

Affaire Renault : le barbouze Gevrey avait un compte secret en Suisse

Un ancien barbouze, une «source fiable», des comptes à l'étranger et un projet à fort enjeu : les batteries des voitures électriques. Début janvier, Renault licenciait avec fracas trois de ses cadres, accusés d'espionnage industriel, sans doute au profit de la Chine. Mais le dossier s'est dégonflé, et il a été démontré que les trois hommes mis en cause n'avaient pas, comme Renault le prétendait, de compte bancaire secret.
Il en existerait pourtant un, en Suisse, qui accrédite la thèse d'une escroquerie montée par celui-là même qui a accusé Michel Balthazard, Bertrand Rochette et Matthieu Tenenbaum d'espionnage industriel. Les enquêteurs ont déterminé que le responsable sécurité de Renault, Dominique Gevrey, possédait un compte bancaire en Suisse. Cherchant à fuir en Guinée, l'ancien mercenaire a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée, et placé en détention provisoire dimanche.


Une société écran à Dubaï


Selon le Canard Enchaîné, des enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, le contre-espionnage, NDLR) sont parvenus à suivre le flux des 245 000 euros versés par Renault pour rétribuer la supposée «source» à l'origine des accusations d'espionnage.


Morcelée en plusieurs versements, pour plus de discrétion, la somme a d'abord transité par l'Espagne, sur un compte détenu par Michel Luc, un ancien employé de la société de renseignement Geos, ami de Dominique Gevrey. Une autre partie de l'enveloppe a été virée à Dubaï, sur le compte d'une société écran montée par Michel Luc. Plus de la moitié de la somme, allégée d'une commission de 10% pour Michel Luc, a ensuite été déposée sur un compte ouvert en 2010 à la Banque cantonale vaudoise de Lausanne par Dominique Gevrey. Mutique pendant sa garde à vue, ce dernier aurait tout de même tenté de convaincre les enquêteurs que ce n'était qu'une étape, la «source» devant récupérer sa rétribution en toute discrétion. Mais elle n'est guère pressée, moque le Canard, puisque l'argent n'a pas été touché.


Lundi, le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin a estimé que l'affaire d'espionnage ne relevait en fait que d'une «possible escroquerie au renseignement» et confirmé que les cadres licenciés ne disposaient pas de comptes à l'étranger. Mais il n'avait pas donné ces détails, accablants tant pour Dominique Gevrey que pour le constructeur automobile. Lundi soir sur TF1, Carlos Ghosn a présenté ses «excuses» aux trois cadres et leur a promis «réparation». Mais l'image de l'entreprise est durablement égratignée. Mardi, François Baroin fustigé la gestion catastrophique de l'affaire. «On ne pourra pas laisser cela sans suite (...) Je trouve anormal qu'une immense entreprise comme celle-ci ait basculé dans un amateurisme et une affaire de Bibi Fricotin et de barbouze de troisième division», a dénoncé le porte-parole du gouvernement.
http://www.leparisien.fr/automobile/affaire-renault-le-barbouze-gevrey-avait-un-compte-secret-en-suisse-16-03-2011-1361566.php

lundi 14 mars 2011

Espionnage : Renault présente ses "excuses" aux 3 cadres licenciés

Carlos Ghosn, Président-directeur général, et Patrick Pélata, Directeur général délégué aux opérations, présentent leurs excuses et leurs vifs regrets, à titre personnel et au nom de Renault, à MM. Balthazard, Rochette et Tenenbaum mis en cause à tort dans ce dossier", dit le communiqué publié lundi après-midi par l'entreprise. Les deux dirigeants du groupe "s'engagent à ce que réparation soit apportée aux trois cadres concernés", qui seront reçus "dans les plus brefs délais". Par ailleurs, le constructeur automobile va se constituer partie civile dans "le dossier d'escroquerie en bande organisée qui fait l'objet d'une instruction ouverte par le Procureur de la République", précise-t-il. Cette déclaration intervient juste avant un conseil d'administration extraordinaire, convoqué pour 16 heures, et juste après que le procureur se soit lui-même exprimé
Nous nous orientons vers une possible escroquerie au renseignement (...) Il semble que Renault n'a peut-être pas été victime de salariés indélicats mais éventuellement d'escrocs", a en effet déclaré le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. La veille, un responsable de la sécurité de Renault, Dominique Gevrey, avait été mis en examen et placé en détention provisoire. Il avait été arrêté vendredi à Paris alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour la Guinée.


"On peut être léger et être victime"


Saisis en janvier d'une plainte du constructeur sur des soupçons d'espionnage industriel, les enquêteurs penchent désormais pour l'escroquerie. Le procureur a en effet confirmé que les demandes d'entraide avec la Suisse et le Lichtenstein avaient montré que les cadres licenciés par Renault ne disposaient pas de comptes dans ces pays. Le magistrat a dit ne pas contester la qualité de victime à la société, même si la plainte qu'elle a déposée en janvier ne comportait aucun élément matériel. "On peut être léger et être victime (...) Renault n'est peut-être pas victime de salariés indélicats, elle est victime, en l'état de nos investigations, éventuellement, d'escrocs", a-t-il souligné. Toujours selon le magistrat, Renault aurait déjà payé 310 000 euros et devait encore payer 390 000 euros pour les faux renseignements. L'enquête se poursuit pour arrêter d'éventuels complices et la thèse d'une manipulation visant à déstabiliser la société n'est pas totalement écartée, a ajouté Jean-Claude Marin.


Les cadres licenciés, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, ont toujours clamé leur innocence et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation. L'affaire avait provoqué une vive réaction de Pékin mais Carlos Ghosn avait assuré détenir des "certitudes" de ce qu'il avançait contre les trois cadres licenciés.


http://lci.tf1.fr/france/justice/2011-03/renault-la-justice-s-oriente-vers-l-escroquerie-6309481.html

dimanche 13 mars 2011

Affaire Renault : Gevrey présenté à un juge

Un des trois responsables de la sécurité de Renault placés en garde à vue dans le cadre d'une affaire d'espionnage présumé a été présenté à un magistrat ce dimanche. Il s'agit de Dominique Gevrey, qui avait été interpellé vendredi à l'aéroport de Roissy alors qu'il s'apprêtait à partir en Guinée. Il pourrait être mis en examen dans la journée pour escroquerie. Les deux autres hommes placés en garde à vue, le directeur de la sécurité du groupe automobile et Marc Tixador, un collègue de Dominique Gevrey, ont pour leur part été remis en liberté dans la nuit de samedi à dimanche. Aucune charge n'a été retenue contre eux. En revanche, selon nos informations, ils auraient accusé Dominique Gevrey d'avoir centralisé toute l'enquête lancée en interne chez Renault sur des soupçons d'espionnage : selon eux, tout passait par Gevrey, et lui seul.


Toujours selon nos informations, Dominique Gevrey, pour l'instant, se refuse toujours à dévoiler qui à l'origine des accusations qui ont conduit à licencier trois cadres de Renault. Les enquêteurs soupçonnent qu'il pourrait être le seul à l'origine de toute l'affaire, auquel cas il n'y aurait tout simplement jamais eu de "corbeau". A l'appui de cette hypothèse, les enquêteurs ont retrouvé sur des comptes ouverts à l'étranger par Dominique Gevrey de l'argent provenant de versements effectués par Renault.


La ligne de défense de Gevrey


Face à ces soupçons, la ligne de défense de Gevrey est la suivante : il affirme avoit été manipulé. Et il assure avoir reçu des instructions de sa hiérarchie pour poursuivre son enquête. Outre les questions auxquelles il s'est jusqu'à présent refusé à répondre, et la mise en examen qui le menace, Gevrey a vu son domicile perquisitionné au cours des dernières heures ; du matériel informatique a notamment été saisi. Tout comme lors d'une autre perquisition, menée celle-là chez Renault.


Les enquêteurs de la DCRI, qui s'intéressent de plus en plus aux conditions dans lesquelles ont été menées ces recherches lancées en interne chez Renault pour des soupçons d'espionnage, pourraient interroger dans les prochains jours de hauts cadres du constructeur automobile : ils pourraient notamment s'intéresser à Patrick Pélata, voire même à Carlos Ghosn.


Dans cette affaire, pour porter ses accusations, le groupe s'est appuyé sur les numéros de trois comptes bancaires qui lui ont été fournis. L'un aurait notamment été ouvert en mars 2009 en Suisse alimenté avec de l'argent provenant d'un cabinet d'audit chypriote, et un deuxième au Liechtenstein en février 2010 qui alimenterait un troisième compte. Mais les enquêteurs de la DCRI n'ont retrouvé aucune trace de comptes bancaires au nom des cadres ni aucune trace d'espionnage. Alors même que la direction de Renault a reconnu avoir versé 250.000 euros pour des informations livrées par un mystérieux informateur... Le groupe a admis la semaine dernière par l'intermédiaire de son directeur général délégué Patrick Pélata qu'il pourrait avoir fait erreur. Si l'erreur était avérée, "nous en tirerons toutes les conséquences jusqu'au niveau le plus haut de l'entreprise, c'est-à-dire jusqu'à moi", avait-il annoncé.


http://lci.tf1.fr/france/justice/2011-03/affaire-renault-gevrey-presente-a-un-juge-6308832.html

Affaire d’espionnage : dérapage incontrôlé chez Renault ?

Et si l'affaire d'espionnage industriel présumé chez Renault n'était en réalité qu'une vaste manipulation ou tout simplement une escroquerie qui aurait pris une tournure inattendue ? Si le parquet de Paris démontrait l'innocence des trois cadres licenciés début janvier quelles seraient les conséquences pour l'entreprise et notamment sa direction ?


« Aucune trace d'espionnage ». C'est ce que révèlent les premiers éléments de l'enquête diligentée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), d'après une source proche du dossier et citée par Le Monde, dans son édition du 3 mars. Les enquêteurs n'ont pas retrouvé la trace des supposés comptes en banque en Suisse et au Liechtenstein qui auraient servi à rémunérer les trois cadres soupçonnés d'espionnage industriel et licenciés il y a deux mois.


Début janvier, Renault met à pied puis licencie trois de ses cadres sur les conclusions d'une enquête interne de plusieurs mois. Déclenchée à la suite de dénonciations anonymes en août 2010, elle révélait que plusieurs comptes à l'étranger avaient été ouverts. L'entreprise, qui n'a jamais pu prouver que des informations sur le programme de véhicules électriques avaient été effectivement vendues, a toutefois préféré, compte-tenu de l'importance de celles-ci, prévenir que guérir.


Deux mois plus tard, l'enquête montre que les comptes n'existent pas mais n'a pas encore déterminé l'origine de cette affaire.


Un « doute » en guise d'aveu ?


Face à ces révélations, la direction du constructeur automobile tente de faire machine arrière et met en avant ses « doutes » en se présentant comme une « victime ». Dans un entretien accordé au Figaro, paru le 4 mars Patrick PELATA, numéro deux de Renault propose désormais deux hypothèses : « Soit nous sommes face à une affaire d'espionnage et un cadre de la direction de la sécurité protège sa source envers et contre tout. Soit Renault est victime d'une manipulation, dont on ignore la nature mais qui pourrait prendre la forme d'une escroquerie. »


Une escroquerie qui aurait pour origine l'auteur des lettres anonymes, envoyées en 2010. Le Canard enchaîné, dans son édition du 9 mars, révèle qu'il aurait perçu 250 000 euros en échange de ses informations. Par ailleurs, il en attend 200 000 de plus et réclame 900 000 euros supplémentaires pour apporter des preuves écrites.


La direction de Renault assure que dans le cas où l'escroquerie se vérifie, elle « sera très attentive à réparer toute injustice ». Bien loin des déclarations très affirmatives de Carlos GHOSN, président de Renault-Nissan, au 20 heures de TF1 en janvier 2011, qui préfère désormais garder le silence jusqu'aux conclusions définitives de l'enquête.


La décision de Renault a par ailleurs été saluée par la Ministre de l'économie, Christine LAGARDE, qui estime que « la recherche de la vérité (lui) paraît la plus importante des priorités dans ce dossier », mais qui n'exclut pas de tirer « toutes les conséquences » de cette affaire.


« Je veux que l'entreprise reconnaisse mon innocence »




Les doutes émis par la direction de Renault n'ont fait que renforcer le sentiment d'innocence des trois cadres licenciés. Michel BALTHAZARD, l'un d'entre eux, a déclaré dans un long entretien publié le 6 mars au Figaro : « Je veux que l'entreprise reconnaisse publiquement mon innocence. » Il y fustige également le comportement de son ancienne direction à son égard et assure qu'il ne reviendra pas, même si on le lui propose : « Pas question de revenir travailler chez Renault. C'est un déchirement. »


Même si les conclusions définitives de l'enquête ne seront connues que dans quelques semaines, difficile de croire que Renault sortira indemne de cette histoire. « Quand l'enquête sera terminée, nous en tirerons toutes les conséquences jusqu'au niveau le plus haut de l'entreprise, c'est-à-dire jusqu'à moi », affirme Patrick PELATA.


http://www.raje.fr/infos/reste-de-lactu/6035-industrie-affaire-despionnage--derapage-incontrole-chez-renault-.html

samedi 12 mars 2011

Renault : le directeur de la sécurité également en garde à vue

Le directeur de la protection et de la sécurité de Renault, Rémi Pagnie, a été placé en garde à vue samedi après-midi dans le cadre de l'affaire d'espionnage industriel présumé au sein de la firme automobile. Deux enquêteurs de son service sont également en garde à vue à la Direction centrale du renseignement intérieur depuis vendredi soir. Les policiers, qui doutent de plus en plus de l'existence réelle de cet informateur anonyme censé fournir les preuves de l'implication de trois cadres du constructeur français dans la communication d'informations stratégiques à des tiers, souhaitent confronter les versions de chacun
Les deux enquêteurs de Renault en garde à vue, Marc Tixador, ancien de la police judiciaire de Versailles, et Dominique Gevrey, ancien membre de la sécurité militaire, sont soupçonnés d'"escroquerie au renseignement", indiquait vendredi soir Europe 1. La pression sur Dominique Gevrey est d'autant plus forte que l'homme a été interpellé vendredi matin à l'aéroport de Roissy alors qu'il s'apprétait à prendre l'avion pour un pays africain, révélait la radio.


D'après nos informations, les enquêteurs le suspectent d'avoir monté de toutes pièces l'histoire de l'informateur anonyme de façon à crédibiliser l'enquête ayant abouti au licenciement des trois cadres. L'enquête va désormais se concentrer sur les comptes ouverts à Tunis et à Madrid et sur lesquels Renault aurait dû verser les sommes réclamées par cet informateur anonyme.


Pas de comptes au Liechtenstein


Depuis le début de l'affaire, les deux hommes refusent de révéler le nom de l'informateur qui leur aurait assuré que trois cadres de l'entreprise avaient touché de l'argent sur des comptes bancaires en Suisse et au Liechtenstein pour espionner le programme de véhicules électriques de Renault. Les vérifications sur l'existence de ces comptes n'ont rien donné, comme TF1 News l'annonce depuis plusieurs jours.


Selon nos informations, le parquet a obtenu du Lichtenstein le retour d'informations après ses commissions rogatoires internationales: aucun mouvement bancaire ni aucun compte dans ce pays ne permettent d'avaliser l'implication des cadres dans une affaire d'espionnage. La direction de Renault, qui a reconnu avoir versé 250.000 euros pour ces informations, n'a pas exclu avoirété victime d'une escroquerie.


Dans une récente interview au Figaro, Patrick Pélata, le n°2 de Renault, laissait entendre que le constructeur tirerait "toutes les conséquences jusqu’au plus haut niveau de l’entreprise, c’est-à-dire jusqu’à moi", laissant à penser qu'il présenterait sa démission si les trois salariés mis en cause sortaient blanchis par la Justice. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait salué la «dignité» du n°2 de Renault." Ce qui compte aujourd'hui, c'est qu'on arrive à la vérité, qu'on y arrivera rapidement, que si les soupçons étaient infondés, justice soit rendue, confiance soit restaurée et réparation soit payée
http://lci.tf1.fr/france/justice/2011-03/renault-le-directeur-de-la-securite-egalement-en-garde-a-vue-6308658.html

Affaire Renault: les enquêteurs en garde à vue

Les deux responsables de la sécurité de Renault, ayant dirigé l'enquête ayant conduit à des soupçons d'espionnage industriel, ont été placés en garde à vue vendredi, a-t-on appris de source proche de l'enquête.


Pour tout savoir sur l'affaire d'espionnage chez Renault, c'est ici.


Les deux hommes ont déjà été entendus par les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), chargée de faire la lumière sur cette affaire. Ils ont jusqu'à présent refusé de dévoiler leur source, à l'origine des accusations ayant conduit à la mise en cause de trois cadres de Renault pour espionnage.


Pour porter ses accusations, le groupe s'est appuyé sur une enquête interne mentionnant notamment l'existence de trois comptes bancaires, l'un ouvert en mars 2009 en Suisse alimenté avec de l'argent provenant d'un cabinet d'audit chypriote, un deuxième ouvert au Liechtenstein en février 2010 qui alimenterait un troisième compte.


Mais une source proche du dossier avait révélé la semaine dernière à l'AFP que les enquêteurs de la DCRI n'avaient retrouvé "aucune trace de comptes en Suisse" au nom des cadres et "aucune trace d'espionnage".


Les enquêteurs de la DCRI avaient ainsi entendu au début de leurs investigations l'un des responsables de cette enquête interne - placé en garde à vue vendredi, un ex-policier de brigade financière qui leur a remis un rapport faisant état en une dizaine de points des accusations contre ces cadres.


Parmi ces points figuraient l'existence de ces comptes et de sommes d'argent perçues - de 50 à 60.000 euros - dont, pour l'heure, "aucune trace n'a été retrouvée".


Le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, avait toutefois affirmé peu après ces informations que "l'enquête pour espionnage (...) se poursuivait."


L'affaire a éclaté début 2011 avec la mise à pied puis le licenciement de trois cadres haut placés, à la suite d'une enquête interne de Renault consécutive à l'envoi de courriers anonymes. Renault a porté plainte mi-janvier contre X notamment pour "espionnage industriel, corruption, abus de confiance, vol et recel, commis en bande organisée". La direction du constructeur a récemment reconnu qu'elle s'était peut-être trompée en lançant ces accusations et a évoqué une possible "manipulation".
http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/affaire-renault-les-enqueteurs-en-garde-a-vue_250466.html#xtor=AL-189

mardi 11 janvier 2011

Espionnage chez Renault : révélations sur deux des cadres suspectés

Les trois cadres de Renault soupçonnés depuis quelques jours d'espionnage industriel devraient en savoir un peu plus aujourd'hui. Michel Balthazard, Bertrand Rochette et Matthieu Tenenbaum sont convoqués à des entretiens préalables à un éventuel licenciement. L'enquête se poursuit et la piste chinoise se confirme.




Le Figaro révèle en effet mardi que deux des trois salariés soupçonnés disposent respectivement d'un compte au Liechtenstein, où 130 000 euros ont été déposés, et un autre en Suisse, garni de 500 000 euros. Des versements qui auraient été effectués par la China Power Grid Corporation, un géant de la distribution électrique basé à Pékin. Ces versements auraient transité via une série d'intermédiaires établis à Shangaï et sur l'ile de Malte.


Les faits d'espionnage pourraient porter sur le projet phare de l'alliance Renault-Nissan, la voiture électrique, pour lequel quatre milliards d'euros ont déjà été investis. En 2011, quatre véhicules électriques seront commercialisés et pas moins de 56 ont déjà été déposés (34 sont imminents et 115 en cours d'analyse).


Cette enquête a été menée en grande partie par une société de sécurité privée qui travaille depuis plusieurs mois à la demande de Renault. Le constructeur français qui affirme «qu'aucune pépite technologique» n'a filtré pourrait désormais déposer une plainte officielle dans les prochains jours.

http://www.leparisien.fr/automobile/espionnage-chez-renault-revelations-sur-deux-des-cadres-suspectes-11-01-2011-1222457.php

mercredi 1 décembre 2010

EXCLUSIF - L'affaire d'espionnage qui embarrasse Christine Ockrent

"Cette affaire, c'est une bombe !" glisse un proche de l'enquête pour espionnage qui bouscule l'état-major de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), le holding public qui contrôle à la fois RFI et France24. Vendredi 26 novembre, la plus proche collaboratrice de Christine Ockrent a été prise la main dans le sac. D'après l'expertise que Le Point s'est procurée, Candice Marchal a espionné, depuis son domicile, les ordinateurs des principaux dirigeants de l'AEF. Grâce à un complice, elle possédait les codes d'accès des serveurs.




Sur la foi d'une expertise informatique, Alain de Pouzilhac a aussitôt prononcé sa mise à pied. Après la plainte contre X déposée le 7 octobre, d'autres plaintes, cette fois nominales, vont être déposées en fin de semaine, tant la quantité de documents confidentiels retrouvés sur le disque dur de la collaboratrice d'Ockrent démontre l'ampleur de l'intrusion informatique. Le disque dur de la "responsable des coordinations" contenait, par exemple, les détails de la masse salariale de l'AEF, la copie scannée du passeport d'Alain de Pouzilhac (!), des notes, classées "confidentiel", de Frank Melloul, le directeur de la stratégie, adressées à Pouzilhac, le contrat de travail de Bruno Tézenas, le directeur des technologies de France 24... Au total, il s'agit de plus de 2,5 millions de fichiers, dont certains remontent au 19 novembre 2008...


Article dans le Canard




L'espionnage pourrait dater de la création de l'AEF. "C'est du pénal, je porte plainte", déclare Frank Melloul, choqué par le fait que ses déplacements à l'étranger étaient pistés par Candice Marchal... Alain de Pouzilhac ne se serait rendu compte de rien si la parution, fin septembre, d'un article du Canard enchaîné n'avait attiré son attention. La coupure de presse en question faisait état d'un courriel de Thierry Delphin, directeur financier de l'AEF, datant du 2 septembre, dans lequel celui-ci informait les deux contrôleurs d'État d'une "impasse budgétaire significative" pour 2011. Toutefois, l'article comportait suffisamment d'approximations pour brouiller les pistes et ménager Ockrent, dont la gestion très contestée de France24 a pourtant conduit à un déficit de 1,1 million d'euros cette année...




En reprenant les rênes l'été dernier, Pouzilhac avait découvert l'embauche non budgétée de 30 collaborateurs francophones. "Poupou" aurait bien voulu se séparer d'Ockrent, mais, début septembre, le pouvoir s'y est opposé. On ne licencie pas la compagne du ministre des Affaires étrangères. C'est donc Vincent Giret, le bras droit d'Ockrent, qui paiera les pots cassés avec un licenciement pour faute...


Trois disques durs écrasés




Le 6 octobre, rendu soupçonneux par le climat général et l'article du Canard, Pouzilhac demande à l'informatique de vérifier si quelqu'un s'est introduit dans les serveurs de l'AEF. Surprise : il découvre qu'un prestataire informatique, Thibault de Robert, chargé de la sécurité des réseaux, a stocké des données sur un espace virtuel extérieur à l'entreprise. C'est illégal. Pouzilhac avertit l'Élysée et Matignon de son intention de porter plainte contre X. Il obtient un feu vert, sans se douter que l'enquête va mener au coeur de son organisation...




La plainte est déposée le 7 octobre. L'enquête est confiée à la brigade d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information. L'AEF mandate, de son côté, le cabinet Forensic & Legal Services afin de procéder aux constatations. Premier enseignement : Candice Marchal a bénéficié de la complicité du prestataire informatique. Thibault de Robert lui a donné les codes des serveurs de l'AEF. Or, le recrutement de ce prestataire a été recommandé par... Christine Ockrent. Ses états de service ? Il a travaillé longtemps pour le compte de BK Conseil, la société de conseil de Bernard Kouchner. L'homme a mis plusieurs semaines à restituer le matériel informatique de l'AEF. En bon professionnel, il ne laisse rien au hasard. L'analyse de Forensic, authentifiée par un constat d'huissier, démontre que les données des trois disques durs ont été écrasées grâce à l'utilisation d'un programme spécifique, puis ceux-ci reformatés le 29 octobre. La dernière utilisation remonte au... 2 septembre à 19 h 7. Jour de l'interception du courriel de Thierry Delphin. À la police, maintenant, d'entendre les protagonistes. Sauf instruction contraire.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/exclusif-l-affaire-d-espionnage-qui-embarrasse-christine-ockrent-30-11-2010-1268960_52.php