Affichage des articles dont le libellé est affaire wildenstein. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est affaire wildenstein. Afficher tous les articles

mercredi 13 juillet 2011

Ce que Guy Wildenstein a dit au juge

L'étau se resserre autour de Guy Wildenstein. L'héritier de la célèbre dynastie de marchands d'art a été mis en examen pour "recel d'abus de confiance" le 6 juillet, au terme de 36 heures de garde à vue.
Le milliardaire franco-américain, qui vit aux États-Unis, est aujourd'hui contraint de se défendre devant la justice française (lire les extraits de l'audition), après s'être expliqué dans les locaux de la police de Nanterre le 4 juillet (lire l'audition de Guy Wildenstein devant la police).
Il est soupçonné d'avoir conservé dans le coffre de l'Institut Wildenstein des oeuvres qui avaient été déclarées disparues ou volées par leur propriétaire. "Je n'ai jamais inspecté ce coffre. Nous n'avons jamais eu d'inventaire de ce coffre", assure-t-il au magistrat.
Une trentaine de tableaux douteux
C'est dans le cadre d'une enquête sur la succession litigieuse du patriarche de la famille, Daniel Wildenstein, que les policiers de l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) ont eu accès aux chambres fortes de l'institut de la rue de La Boétie à Paris. Parmi les 268 oeuvres photographiées par les enquêteurs, une trentaine sont d'origine douteuse.
Parmi ces pièces, Chaumière en Normandie, une toile impressionniste de Berthe Morisot évaluée à 800 000 euros et disparue lors de la succession d'Annie Rouart en 1993. Proche des Rouart, Guy Wildenstein avait été à l'époque désigné par la vieille dame co-exécuteur testamentaire.
Aucun inventaire effectué
Aujourd'hui, Yves Rouart, héritier d'une partie de la collection de sa tante, s'étonne de retrouver Chaumière en Normandie dans le coffre de l'Institut Wildenstein, dont Guy est justement le président. "Il ne pouvait ignorer que ce tableau appartenait à ma tante (...). Il est impensable que depuis la mort de Daniel Wildenstein, en 2001, aucun inventaire du coffre de l'institut n'ait été fait", s'insurge ce spécialiste de l'art impressionniste défendu par l'avocat Serge Lewisch.
Dans le coffre de la rue de La Boétie, les policiers ont aussi retrouvé plusieurs bronzes de Rembrandt Bugatti, deux dessins de Degas et un pastel d'Eugène Delacroix revendiqués par certains descendants de Joseph Reinach, autre grand collectionneur d'art.
En 1972, lors de la succession de Julie Goujon, fille de Joseph Reinach, de nombreuses oeuvres ont disparu, alors que Daniel Wildenstein avait été chargé du partage avec l'expert Durand-Ruel. "Les héritiers n'ont pas fait de demande de restitution de ces oeuvres. Autrement, je les aurais restituées", se défend Guy Wildenstein devant le juge. Encore aurait-il fallu que les descendants sachent ce que contenait le mystérieux coffre de l'institut, qui commence seulement à livrer ses secrets.

mercredi 16 février 2011

Affaire Wildenstein, la belle-fille porte plainte

Nouveau rebondissement dans la saga Wildenstein : après la belle-mère, la belle-fille. Les Wildenstein n'ont décidément pas de chance avec les femmes. Liouba Wildenstein, veuve d'Alec Wildenstein, qui s'était faite discrète jusqu'ici, vient à son tour de porter plainte contre X pour abus de confiance auprès du parquet de Paris. Défendue par Me Jérôme Casey, elle doit être entendue début mars par les juges Daieff et Tournaire, chargés d'enquêter sur la succession du richissime marchand d'art Daniel Wildenstein, décédé en 2001.


Liouba, jolie artiste franco-russe de 39 ans, s'estime elle aussi lésée dans le cadre de la succession du patriarche. En 2008, à la mort de son mari, l'un des deux fils du collectionneur, elle aurait dû toucher une part de l'héritage. Mais sa belle-famille l'a tenue à l'écart, l'empêchant de nommer son propre notaire pour la succession comme le prévoit la loi. "Depuis le début, le fils d'Alec fait pression sur moi avec son oncle Guy pour que je renonce à la succession de mon mari, ou que j'hérite du moins possible", a-t-elle expliqué aux enquêteurs. Et de poursuivre : "Je suis aujourd'hui en grande difficulté financière car je ne reçois aucun revenu des trusts de la famille Wildenstein." Pourtant, la jeune femme affirme "être bénéficiaire de deux trusts : de Louve Trust, à Guernesey (...), et d'un second, Drawdale Trust, aux îles Vierges".




Avant elle, Sylvia Roth, la seconde femme de Daniel Wildenstein, avait déposé une plainte pour "abus de confiance" et "blanchiment". Depuis plusieurs années, l'épouse du marchand d'art accusait ses beaux-fils Guy et Alec de l'avoir flouée sur l'héritage en l'empêchant d'avoir accès aux trusts à l'étranger, dans lesquels est logée la majeure partie de la fortune des Wildenstein. Sylvia est décédée en novembre dernier, trop tôt pour voir aboutir ses démarches judiciaires. Mais Liouba, elle, a bon espoir d'obtenir une part du gâteau.




Intimidations




Comme le révèle Le Point, une réunion "familiale" est prévue chez le notaire des Wildenstein, Me Oury, en vue d'une négociation. Pour l'anecdote, ce même notaire a été perquisitionné en décembre dernier par le fisc. Un fisc jusque-là peu tatillon sur les étranges pratiques fiscales des "W", comme on les appelle. Les poux, c'est plutôt dans la tête de Liouba que Bercy est allé les chercher. Depuis la mort de son mari, la sculptrice fait l'objet d'un important contrôle fiscal sur les revenus et l'ISF du couple.


Mais Liouba a connu des soucis plus graves. En novembre 2009, elle a porté plainte contre X pour "tentative d'assassinat" auprès du parquet de Paris. Quinze jours plus tôt, l'artiste, qui vit en France, avait reçu un étrange SMS envoyé du Royaume-Uni, lui recommandant la prudence. Son mystérieux interlocuteur aurait été contacté par une agence privée pour exécuter un contrat qui aurait été commandité par le fils d'Alec, Alec Junior. La plainte a été classée sans suite. Mais, très récemment, comme le révèle Le Point, un complément d'information a été transmis au parquet. Liouba a en effet réussi à identifier la provenance des fameux SMS. Ils renvoient à un portable faisant partie d'une flottille de téléphones appartenant à la célèbre agence d'intelligence économique Kroll...
http://www.lepoint.fr/societe/exclusif-affaire-wildenstein-la-belle-fille-porte-plainte-15-02-2011-1295807_23.php