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mardi 15 novembre 2011

Coup dur pour le programme balistique iranien

Le programme balistique iranien, déjà frappé de sanctions internationales de l'ONU qui le soupçonne d'être lié aux activités nucléaires militaires secrètes, vient d'être décapité. Son principal chef, le très mystérieux général brigadier Hassan Tehrani-Moghadam, présenté à Téhéran comme "fondateur et concepteur" des unités balistiques des gardiens de la révolution (pasdarans), ainsi que seize de ses collaborateurs et membres d'un centre de recherche balistique ont été tués dans de violentes explosions qui ont secoué, samedi dernier, une base militaire et les dépôts de missiles des pasdarans près de Téhéran.
L'explosion, officiellement qualifiée d'accidentelle, est intervenue au moment du déplacement des engins, mais de l'avis des experts son origine est mystérieuse. Elle a détruit une grande partie de la base et d'un centre de recherche militaire où sont stockés habituellement des missiles de moyenne et de longue portée, comme les fameux Shahab, d'une autonomie de plus de 1 500 kilomètres, pouvant atteindre toute la région et, au-delà, le sol israélien. Cet incident, le deuxième du genre à se produire en Iran au sein des pasdarans, tombe mal.
Rumeurs
Il intervient à un moment crucial pour le régime iranien. Sur le plan international, le régime vient de subir un coup politique spectaculaire et inattendu avec le nouveau rapport de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) de l'ONU qui l'accuse très clairement d'avoir un programme nucléaire militaire, autrement dit des activités secrètes destinées à fabriquer une charge nucléaire.
Il tombe mal également, car il coïncide avec les récentes rumeurs au sujet de l'imminence d'une attaque israélienne contre les installations nucléaires en Iran. Ces rumeurs, démenties jusqu'à présent de sources israéliennes, se sont très vite répandues en Iran et sur les médias à l'étranger après les explosions de samedi. Simple bavure ou accident technique intervenu au moment du déplacement des missiles dans le cadre d'un plan d'alerte des forces iraniennes, les explosions de samedi vont fragiliser sinon du moins retarder les activités du programme balistique iranien. Des sources informées à Téhéran affirmaient que le bureau de l'autosuffisance des pasdarans, dirigé par le général brigadier Hassan Tehrani-Moghadam, où se sont produites les explosions meurtrières, travaillait depuis plusieurs mois sur une nouvelle version, plus longue portée et améliorée, des missiles Shahab-3.

http://www.lepoint.fr/monde/coup-dur-pour-le-programme-balistique-iranien-14-11-2011-1395959_24.php

samedi 28 août 2010

Lapidation de Sakineh: Téhéran n'a pas encore pris de décision définitive

Aucune décision finale n'a été prise sur la lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani pour adultère et meurtre, a réaffirmé samedi le ministère iranien des Affaires étrangères, notant que l'application de la peine avait été "suspendue" et que le verdict était "en cours d'examen".
"Pour les peines très lourdes, il y a une procédure particulière et longue. Ce verdict est en cours d'examen et lorsque la justice arrivera à une conclusion finale, elle l'annoncera", a indiqué à l'AFP ce porte-parole, Ramin Mahmanparast.

La condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtiani, mère de famille de 43 ans, pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari, selon Téhéran, a suscité depuis deux mois une forte émotion et une mobilisation croissante dans les pays occidentaux.

Plusieurs organisations françaises de défense des libertés et des droits des femmes ont appelé à une manifestation de soutien ce samedi à Paris.

La France a demandé vendredi aux pays de l'Union européenne d'envisager une menace de sanctions contre l'Iran pour pousser Téhéran à épargner cette mère de famille, condamnée en 2006 puis à nouveau, en appel, en 2007.

L'Iran avait annoncé début juillet que la justice avait suspendu l'exécution du verdict en attendant un réexamen de l'affaire.
http://www.lepoint.fr/societe/lapidation-de-sakineh-teheran-n-a-pas-encore-pris-de-decision-definitive-28-08-2010-1229642_23.php

jeudi 10 juin 2010

Clotilde Reiss raconte son calvaire sur France Culture

Clotilde Reiss, l'universitaire française retenue dix mois en Iran, revient sur sa détention et son procès où elle confie avoir eu "l'impression d'être au Jugement dernier", dans un récit que doit diffuser jeudi* la radio France Culture et dont le quotidien Libération publie des extraits.

La jeune femme de 24 ans, accusée par l'Iran d'atteinte à la sécurité nationale notamment pour avoir participé à des manifestations contestant la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, a passé 47 jours à la prison d'Evin, du 1er juillet au 16 août 2009. Elle n'a pu rentrer en France que le 16 mai 2010.

Libération publie des dessins réalisés par Clotilde Reiss durant sa détention, reproduisant notamment sa cellule, "une petite pièce de 8 m2 avec juste un robinet et une moquette - donc c'était très sale - où chacune des quatre détenues avait deux couvertures et une brosse à dents" et "dormait par terre". "L'une de mes premières phrases a été de leur demander si on était torturé. Très vite, elles m'ont rassuré. C'étaient trois filles qui souriaient. J'ai compris par la suite que leur survie passait par là", confie la jeune universitaire. "L'activité principale, c'était soit la douche, soit la sortie en plein air de quinze minutes. Et les interrogatoires où l'on va de sueur froide en sueur froide", témoigne-t-elle.

Chantage affectif

Clotilde Reiss relate ses séances d'interrogatoire où "on te fait asseoir face au mur, les yeux bandés" et au cours desquelles "les questions de prédilection portent sur les gens que tu connais". "On te pose les mêmes, vingt ou trente fois." "Physiquement, ils ne m'ont pas menacée, mais m'ont fait subir des pressions morales, un chantage affectif. On me disait: 'tu peux rester ici des années' ", raconte-t-elle. Vient le procès qui "a duré cinq heures et pendant une heure le président a prononcé une diatribe d'une violence incroyable. J'avais l'impression d'être au Jugement dernier, d'être condamnée avant même de m'être exprimée", raconte Clotilde Reiss qui parle du "jour le plus dur de (sa) vie".

* Le jeudi 10 juin et le vendredi 11 juin de 13h30 à 14h sur France Culture
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-06-10/temoignage-clotilde-reiss-raconte-son-calvaire-sur-france-culture/924/0/464784