mardi 21 septembre 2010

Eric Woerth veut rester au gouvernement après le remaniement

Il estime bénéficier du soutien de Nicolas Sarkozy...
Le ministre du Travail Eric Woerth souhaite rester au gouvernement après le remaniement prévu à l'automne. Il a fait valoir qu'il «bénéficie du soutien» du président Nicolas Sarkozy, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France à paraître mardi.

Lors d’un entretien donné au Parisien/Aujourd’hui en France, le ministre du Travail a souligné que, concernant son avenir au gouvernement, «la décision ne (lui) appartient pas». Il a ajouté «souhaiter, bien sûr» rester au gouvernement après le remaniement, en avançant «deux raisons».

Pas «d’affaire Woerth»
«La première est que je considère qu'il n'y a pas d'"affaire Woerth", a-t-il expliqué en faisant allusion aux développements de l'affaire Bettencourt. On a beau depuis quatre mois salir mon nom et celui de ma famille, j'ai ma conscience pour moi.» «La seconde raison est que je bénéficie du soutien du président de la République», a-t-il ajouté.

En plein débat parlementaire sur la réforme des retraites, Eric Woerth a assuré être prêt à rencontrer les syndicats. Selon lui, «dans cette affaire, ils ont été plus responsables que le monde politique».
http://www.20minutes.fr/article/599378/Eric-Woerth-veut-rester-au-gouvernement-apres-le-remaniement.php

Écoutes: Le Monde a déposé sa plainte

Le Monde a déposé plainte pour violation du secret des sources comme il l'avait annoncé il y a une semaine après avoir fait état d'une enquête du contre-espionnage français sur un de ses journalistes travaillant sur l'affaire Woerth/Bettencourt, a indiqué aujourd'hui le quotidien.

"La plainte est rédigée au nom de de la société éditrice du Monde, représentée par le président du directoire Eric Fottorino, et de Gérard Davet, journaliste au Monde, auteur des articles dont les services de police et de contre-espionnage ont recherché les sources", précise le journal. La plainte contre X a été déposée aujourd'hui auprès du parquet de Paris par Mes Yves Baudelot et Catherine Cohen-Richelet, avocats du Monde.

Le Monde avait annoncé le 13 septembre que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), contre-espionnage français, avait enquêté à la demande de l'Elysée, qui a aussitôt démenti, pour connaître l'origine d'informations concernant notamment l'audition de gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre.

La source avait été identifiée grâce à des "fadettes", diminutif de "factures détaillées". Il s'agissait d'un conseiller de Michèle Eliot-Marie, garde des Sceaux. Ce dernier a été entretemps appelé à d'autres fonctions. Le ministère de la Justice avait alors affirmé qu'il n'existait aucun lien entre cette mutation et l'enquête menée.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/20/97001-20100920FILWWW00630-ecoutes-le-monde-a-depose-sa-plainte.php

lundi 20 septembre 2010

Claire Thibout confirme les dons d'argent

L'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, accuse à nouveau Patrice de Maistre d'avoir versé 150.000 euros à Eric Woerth pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, dans un entretien exclusif à "Complément d'enquête" diffusé ce soir sur France 2.

Le gestionnaire de la fortune de l'héritière de l'Oréal, Patrice de Maistre, "vient me trouver dans mon bureau et il me dit: 'Claire, j'ai besoin de 150.000 euros'. Alors je lui demande pour quoi faire et il me dit 'je dois donner ces 150.000 euros à M. Woerth pour la campagne électorale de M. Sarkozy'", explique Mme Thibout dans l'émission. Patrick de Maistre dément ces accusations, tout comme le ministre du Travail Eric Woerth.

Claire Thibout, à l'origine des accusations de financement politique illégal portées contre Eric Woerth, avait reconnu en juillet avoir reçu 400.000 euros de la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, lors de son licenciement par la milliardaire en 2008. Cette dernière lui avait également versé 500.000 euros.
Payée 130.000 euros par an par Mme Bettencourt, l'ex-comptable se défend d'avoir été achetée à son départ.

"Pour moi, c'était des dommages et intérêts. Je ne savais pas si j'allais retrouver du travail, j'avais 50 ans, une famille quand même qui était là [...]. Je n'ai pas été achetée puisque je n'ai dit que la vérité de toute façon", affirme-t-elle. C'est en mai 2007 que Claire Thibout dévoile à la fille de son employeur Françoise Meyers-Bettencourt - à l'origine de la procédure pour abus de faiblesse - l'emprise de l'artiste François-Marie Banier sur sa mère.

"Françoise Bettencourt tombe des nues. Elle se doutait que (François-Marie Banier, ndlr) percevait de l'argent, qu'il avait des chèques mais elle ne se doutait pas du tout de l'ampleur des donations", explique Mme Thibout.
Par ailleurs, "Complément d'enquête", qui s'est rendu sur l'île d'Arros, a consulté le cadastre seychellois, dans lequel il n'est nulle part fait mention d'une transaction au bénéfice des Bettencourt.
L'île d'Arros appartient depuis octobre 1975 à une société, "D'Arros Land establishment", dont le propriétaire à l'époque de la transaction était le prince d'Iran, Sharam Pahlavi, neveu du Shah.

En février 1999, les Bettencourt auraient acquis l'île pour 15 millions d'euros, via cette société basée au Liechtenstein, sans l'avoir déclarée au fisc seychellois.
La justice seychelloise a lancé une enquête pour connaître le véritable propriétaire de l'île, affirme une porte-parole du procureur général des Seychelles, citée dans le reportage.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/20/97001-20100920FILWWW00591-claire-thibout-confirme-les-dons-d-argent.php

L'Oréal rompt ses contrats avec Banier

L'Oréal a annoncé aujourd'hui à l'AFP avoir rompu ses contrats liant le groupe de cosmétiques au photographe François-Marie Banier, en raison du "bruit médiatique" autour de l'affaire Bettencourt qui rendait la poursuite de ces contrats "préjudiciable à L’Oréal".

"Il a été mis un terme à ces contrats car, à lui seul, le bruit médiatique qui s’est développé autour de François-Marie Banier rendait leur poursuite préjudiciable à L’Oréal", selon une déclaration du groupe à l'AFP. L'annonce en a été faite aujourd'hui en comité central d'entreprise de L'Oréal SA.

La société Héricy, créée en 1996 par François-Marie Banier, était liée à L'Oréal jusqu'en 2011 par un contrat et une convention qui lui garantissaient le versement chaque année de plus de 700.000 euros. Un actionnaire du groupe a déposé une plainte contre X à Paris, à propos de ce contrat signé en 2002 par L'Oréal et M. Banier. Ce dernier est par ailleurs accusé d'"abus de faiblesse" sur l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, à la suite d'une plainte de sa fille.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/09/20/97002-20100920FILWWW00564-l-oreal-rompt-ses-contrats-avec-banier.php

Contrôles renforcés pour les arrêts maladie des fonctionnaires

Le décret a été publié discrètement dimanche au Journal officiel, et il est révélé ce lundi par Le Parisien : dorénavant, les arrêts maladie des fonctionnaires vont être contrôlés par l'assurance maladie, tout comme pour les employés du privé. Et plus par les services de l'Etat. La mesure doit s'appliquer à titre expérimental à Paris ainsi que dans sept autres villes (Clermont-Ferrand, Haguenau, Lyon, Nice, Rennes, Sélestat et Strasbourg) et elle est prévue pour deux ans. Elle concernera les fonctionnaires des services déconcentrés de l'Etat, comme les Directions Départementales de l'Equipement, et ceux des écoles ; à Paris, seuls les agents de Bercy seront concernés ; seront exclus du nouveau dispositif de contrôle les agents hospitaliers et ceux des collectivités locales. Au total, selon Le Parisien, 177.000 fonctionnaires seront directement concernés.
L'objectif, peu avouable et qui fait déjà bondir les syndicats de fonctionnaires, est bel et bien de renforcer les contrôles. "En disant qu'il faut accentuer les contrôles, le gouvernement sous-entend qu'il y a beaucoup de fraudes chez les fonctionnaires et ce n'est pas acceptable", proteste Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, principal syndicat de la fonction publique d'Etat, dans les colonnes du quotidien. "Cela envoie un très mauvais message aux agents. Ce décret va être très mal accueilli, surtout dans le contexte actuel où la fonction publique est la cible d'attaques répétées". La mesure n'est pourtant pas, en soi, une surprise : elle était en préparation depuis un an et avait été annoncée en septembre dernier par Eric Woerth. Une convention de partenariat avait été signée entre le ministère du Budget et le directeur général de la Caisse nationale de l'assurance maladie, et publiée au Journal officiel du 2 mai dernier. Mais auprès des fonctionnaires, la pilule reste amère à avaler.

Comment vont se passer les contrôles

Comme le souligne Le Parisien, il y a peu de chiffres disponibles sur les arrêts maladie des fonctionnaires - et l'expérimentation dont le coup d'envoi a été discrètement donné ce week-end visera tout d'abord à combler ces lacunes : la convention signée en mai dernier précisait déjà qu'un "outil de partage sera mis à la disposition des caisses et administrations expérimentatrices" afin de saisir les données recueillies lors des contrôles. En outre, avec le dispositif en vigueur jusqu'au décret paru ce week-end, les fonctionnaires étaient systématiquement prévenus avant tout contrôle. Désormais, ce ne sera plus le cas ; et concrètement, l'assurance maladie sera amenée à étudier à la loupe les cas des agents qui auront pris plus de trois congés en six mois ou qui bénéficieront d'arrêts maladie de plus de quarante-cinq jours.

Quelles seraient les conséquences en cas d'abus constatés ? L'intéressé pourrait se voir sommé de reprendre son travail, ou être frappé de pénalités financières. Dans le privé, souligne Le Parisien, les contrôles inopinés ont amené à remettre ainsi en cause 10% à 13% des arrêts maladie. Si les contrôles aboutissaient au même résultat dans la fonction publique, souligne le quotidien, il pourrait en résulter une économie proche du demi-milliard d'euros.
http://lci.tf1.fr/economie/social/2010-09/controles-renforces-pour-les-arrets-maladie-des-fonctionnaires-6071676.html

Quand l’affaire Banier s’invite chez L’Oréal

Ce matin, l’affaire Banier s’invite au comité central d’entreprise de L’Oréal SA*. Les syndicats ont ajouté une question à l’ordre du jour et somment Jean-Paul Agon, le directeur général, de s’expliquer sur la nature du contrat qui lie l’entreprise au photographe François-Marie Banier, le controversé ami de Liliane Bettencourt.
Jusqu’à présent restés discrets sur les affaires de l’actionnaire, qu’ils relèguent au rang d’« histoires de famille » et d’un duel mère-fille qui ne porte pas (encore) préjudice au fonctionnement de la société, les représentants des salariés ont été piqués au vif cet été lorsqu’ils ont appris que Lindsay Owen-Jones, l’ancien PDG, avait signé en 2001 un contrat de 4 M € avec un photographe dont ils n’avaient jamais entendu parler…
Outre « la nature du contrat qui lie L’Oréal à la société Héricy de M. Banier », les syndicats veulent savoir s’il n’y a pas « d’autres contrats de prestation qui lient (ce dernier) au groupe ». « Ce n’est pas le montant qui pose problème, explique la CFE-CGC, le syndicat majoritaire. L’Oréal dépense un tiers de son chiffre d’affaires en publicité. Sur ces 5 Mds €, il peut y avoir 10 M € pour un photographe, mais il faut une prestation derrière. Sinon, c’est de l’abus de bien social et c’est du pénal. » Au-delà des crispations autour du contrat Banier, « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » a voulu savoir comment les « L’Oréaliens » vivaient cette affaire. Il a fallu vaincre les réticences. Agacés par l’amalgame fait entre le groupe et leur actionnaire, les salariés écartent les curieux sans ménagement. Lorsqu’ils finissent par se livrer, ils décrivent un climat serein et expliquent les raisons de leur attachement à une entreprise qui, malgré la crise, a encore enregistré au premier semestre de beaux résultats. L’un d’eux résume ainsi leur état d’esprit : « Il y a une tempête à l’extérieur. La vague nous a touchés, mais le paquebot n’a pas bougé. »
http://www.leparisien.fr/affaire-bettencourt/quand-l-affaire-banier-s-invite-chez-l-oreal-20-09-2010-1075292.php

Français enlevés au Niger: la sécurité des expatriés est-elle bien assurée?

Areva avait choisi de la confier à des agents privés non armés selon le gouvernement nigerien...
Polémique sur la sécurité des expatriés français. Alors que l'enlèvement de cinq Français en zone sécurisée soulève de nombreuses questions, la société Areva a révélé que les agents et gardiens employés sur son site à Arlit n'étaient pas armés, comme l'a indiqué ce dimanche à l'AFP une porte-parole du groupe nucléaire public. Laquelle a précisé que cette disposition relevait d'un accord avec le gouvernement nigérien, qui assurait la présence à Arlit de 350 gendarmes et militaires qui eux étaient armés.

En réponse, le porte-parole du gouvernement nigérien a indiqué que c'était le groupe Areva qui avait choisi de confier la sécurité de son personnel à Arlit à «des agents privés pas armés» plutôt qu'aux militaires. «Il y a moins de deux mois, le gouvernement avait fait à Areva la proposition de prendre en charge la sécurité de ses agents» par le biais des «Forces de défense et de sécurité» (FDS: armée, gendarmerie, police), a déclaré le porte-parole du gouvernement Laouali Dan Dah, joint par l'AFP depuis Abidjan. «C'est Areva qui a fait le choix d'assurer la sécurité de son personnel, ce qui n'est pas le cas d'autres opérateurs (miniers dans le pays)», a-t-il poursuivi.


L'armée présente selement sur les sites d'extraction
L'armée est seulement présente à Arlit pour protéger les sites d'extraction d'uranium, qui sont «stratégiques», a-t-il expliqué. «Qu'elle (Areva) ne rejette pas la responsabilité sur le gouvernement», a lancé le porte-parole. «Si les ravisseurs ont pu opérer avec cette facilité, c'est parce que, entre autres, la sécurité du personnel était assurée par des agents privés qui n'étaient pas armés», a-t-il estimé.

Un salarié d'Areva basé sur le site avait affirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que les «hommes en civil employés par des sociétés de gardiennage privées», «postés devant les domiciles» durant la nuit, «ne possèdent ni armes ni gourdins». Dimanche, le père d'un des otages a confié sur RCI Martinique que son fils ne se sentait pas en sécurité.

«Aucun dispositif sérieux de sécurité»

L'ancien ministre nigérien de l'Intérieur Idi Ango Omar a mis en cause samedi la protection des salariés d'Areva à Arlit, assurant qu'il n'y avait «aucun dispositif sérieux de sécurité» autour de leurs domiciles.

Les groupes français Areva et Vinci ont entrepris d'évacuer tous leurs expatriés du nord du Niger, après l'enlèvement jeudi de cinq Français et deux Africains à Arlit, où Areva extrait de l'uranium. Les otages se trouveraient désormais au Mali. Paris et Niamey soupçonnent Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
http://www.20minutes.fr/article/598536/Monde-Francais-enleves-au-Niger-la-securite-des-expatries-est-elle-bien-assuree.php

dimanche 19 septembre 2010

Le dossier Woerth à la Cour de cassation

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a reçu le dossier Woerth. Il est parti de Versailles jeudi, sous pli fermé, par porteur spécial et par peur des fuites. Le volumineux dossier Woerth comprend une première synthèse du parquet de Nanterre, puis une deuxième synthèse du parquet général, accompagnée de plusieurs dizaines de procès-verbaux, y compris celui de l’ancien ministre du Budget. Tout est désormais sur le bureau du procureur général près la Cour de cassation. Le plus haut magistrat du parquet en France va devoir décider s’il transmet l’affaire Woerth à la Cour de justice de la République, l’organe en charge de juger les ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.

Selon nos informations, les synthèses écrites par les deux parquets ne "tranchent pas", mais reprennent point par point les différents soupçons pesant sur l’ancien ministre du Budget. "Le procureur général peut soit estimer qu’il y a déjà matière à saisir la commission des requêtes de la Cour de justice, soit estimer qu’il faut encore attendre la fin de l’enquête avant de se prononcer", confie une source judiciaire. Notamment la prochaine audition d’Eric Woerth.

Le procureur s’était plaint de fuites à "haut niveau"
Selon les deux synthèses, deux points sont en discussion: l’octroi de la Légion d‘honneur à Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et l’embauche de Florence Woerth par ce dernier. "Dans les deux cas, tout semble s’enclencher début 2007, quand Eric Woerth n’est encore pas ministre… puis se dénouer fin 2007 quand il l’est. Si infraction il y a, faut-il prendre en compte le moment où il est ministre, et saisir la Cour de justice, ou celui où il ne l’est pas, et laisser le dossier aux mains d’une juridiction ordinaire?" s’interroge un magistrat.

A Versailles, comme à Nanterre, l’affaire Woerth est désormais suivie avec un luxe de précautions depuis la mise à l’écart, à la suite d’une enquête des services secrets, de David Sénat, le conseiller pour les affaires pénales de Michèle Alliot-Marie. La recherche d’une "taupe" a été déclenchée fin juillet, après la publication, dans Le Monde d’extraits de procès-verbaux de Patrice de Maistre en garde à vue. "C’était une fuite très imprudente, quasiment en direct", résume un enquêteur. "Qu’il y ait des fuites, c’est normal et fréquent, mais celle-là était signée", explique-t-on à la Direction générale de la police nationale (DGPN).

Depuis quelque temps déjà, le procureur Courroye s’était plaint de fuites "précises" et à "haut niveau", et avait même, un temps, soupçonné la police. "Certains extraits de PV ne pouvaient venir que de la brigade financière, du parquet de Nanterre, du parquet général de Versailles, ou de deux personnes à la chancellerie, la directrice des affaires criminelles et des grâces, Maryvonne Caillibotte, ou David Sénat, le conseiller pénal du ministre", explique un enquêteur. Très proche collaborateur de MAM, qu’il suit depuis le ministère de la Défense, David Sénat s’intéressait de très près à l’affaire Woerth.

MAM prend ses distances
Selon nos sources, mi-juillet, le procureur général de Versailles avait même rédigé une note à la chancellerie réclamant une "pause" dans les demandes de communication de pièces et de procès-verbaux. "Le temps médiatique n’est pas le temps judiciaire, on était sans cesse en train de nous demander des synthèses ou des extraits de PV", ajoute un magistrat. Souvent prié de "scanner" les PV en urgence, et de les transférer par e-mail à la chancellerie, le parquet général était aussi sollicité au jour le jour pour rédiger des "synthèses" reprenant des extraits de procès-verbaux.

Une vérification téléphonique opérée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) (apparemment en dehors de tout cadre légal) sur le portable de David Sénat l’aurait confondu comme étant l’auteur de la fuite suspecte. Il devrait donc être entendu dans le cadre de l’affaire de violation du secret de l’instruction déclenchée par la plainte de Patrice de Maistre. A-t-il orchestré les fuites seul et en direct? Certains s’interrogent sur ses relations étroites avec Jean-François Gayraud, un ancien commissaire de la DST, que Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, avait sèchement mis à l’écart quand il a été nommé à la tête du service de contre-espionnage "Gayraud, qui l’a toujours nié, était soupçonné, dans l’affaire Clearstream, d’avoir fait disparaître un cahier contenant les preuves de rendez-vous secrets de Gergorin et Villepin", explique un ancien du service…

David Sénat devrait également être entendu par la police des polices dans le cadre d’une autre affaire, où il est soupçonné d’être intervenu auprès de MAM pour le compte de Visionex, une société nantaise soupçonnée d’avoir fabriqué des bornes Internet permettant des paris clandestins. De quoi embarrasser MAM, qui a aujourd’hui pris ses distances avec son conseiller. Selon la chancellerie, la mise à l’écart de David Sénat, "à sa demande", avait été décidée fin juin, avant ces soupçons. Une version officielle bien arrangeante.
http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Le-dossier-Woerth-a-la-Cour-de-cassation-221049

Roms: un sénateur UMP aurait préféré que "le Luxembourg n'existe pas"

Va-t-on vers une crise franco-luxembourgeoise ? Le sénateur UMP Philippe Marini a déclaré samedi qu'il "aurait préféré qu'en 1867 Napoléon III et Bismarck aient un entretien qui débouche autrement et que le Luxembourg n'existe pas", à propos des critiques de la luxembourgeoise Viviane Reding contre la France sur les expulsions de Roms.

Le sénateur faisait allusion à un épisode de la rivalité entre le second empire français et la Prusse au XIXe siècle, où Napoléon III, cherchant à assouvir ses visées expansionnistes, avait tenté en 1867 de s'octroyer le duché. Il en avait été finalement empêché par le chancelier prusse Bismarck. Comme on lui faisait remarquer que les Luxembourgeois ne seraient pas très contents de ses propos, le rapporteur général du budget au Sénat a répondu: "Il y a beaucoup de livres, de travaux historiques sur ce tournant et c'est la faiblesse de Napoléon III qui a permis à ce pays d'exister".

Revenant sur les menaces de lancement d'une procédure d'infraction contre la France pour sa politique vis-à-vis des Roms par la commissaire européenne, Viviane Reding, Philippe Marini a par ailleurs déclaré: "Que l'on passe au tamis l'attitude française, d'accord. Mais que l'on soit exigeant vis-à-vis du pays d'origine (la Roumanie et la Bulgarie, pays d'origine des Roms actuellement expulsés de France, ndlr), qu'on l'amène à résoudre ses propres problèmes progressivement et en prendre conscience et pas seulement en paroles, cela me semblerait correct".

Se concentrant in fine sur sa critique du Luxembourg, Philippe Marini a jugé que c'était "très confortable d'être ministre ou commissaire représentant le Luxembourg". "C'est la situation la plus heureuse que l'on puisse espérer en Europe. Le Luxembourg, ce pays qui n'a même pas besoin de recouvrer ses impôts", a-t-il poursuivi. Viviane Reding appréciera.
http://lci.tf1.fr/monde/institutions/2010-09/roms-un-senateur-ump-aurait-prefere-que-le-luxembourg-n-existe-6071414.html

Manifestation contre le Pape et les positions de l'Eglise

Entre 2000 et 10.000 personnes ont défilé dans les rues de Londres pour protester contre la visite du Pape au Royaume-Uni et les valeurs «rétrogrades» du Vatican.

La visite du Pape au Royaume-Uni n'était pas du goût de tous les Britanniques. Plusieurs milliers de manifestants, dont beaucoup coiffés de «mitres» roses ou portant des préservatifs gonflés comme des ballons, ont ainsi défilé samedi dans le centre de Londres contre Benoît XVI et les positions «rétrogrades» du Vatican. Avec des panneaux proclamant «le Pape est le patron du plus grand gang de pédophiles» ou «arrêtez le pape», quelque 2.000 à 3.000 manifestants, selon la police, 10.000 selon les organisateurs, ont marché en un long cortège de Hyde Park à Downing Street, la résidence du Premier ministre.

«Pope go home» («Pape, rentre chez toi») et «Honte au Pape» ont scandé des contestaires. «Nous voulons envoyer au Pape le message que beaucoup de Britanniques sont en désaccord avec tout ou partie son enseignement, sur les droits des femmes, les homosexuels ou l'usage du préservatif», explique Peter Tatchell, militant de la cause homosexuelle en tête du cortège. Et «nous voulons aussi que le gouvernement britannique se démarque de ces vues intolérantes», souligne-t-il quelques heures après une rencontre du souverain pontife et du Premier ministre, David Cameron. «Je pense que le gouvernement a eu tort de l'inviter, je ne le considère pas comme un chef d'Etat», proteste Mark Stanley, qui est surtout opposé aux vues du Pape contre les homosexuels. Les activistes gays et lesbiennes sont nombreux dans le cortège bruyant et coloré, aux côtés d'athéistes déclarés, d'humanistes, mais aussi de catholiques en désaccord avec les dogmes de l'Eglise.


«Nous voulons une Eglise plus tolérante»

Une londonienne de 36 ans, Tara Griffin, critique le fait que les contribuables britanniques aient dû payer pour la visite d'Etat : «pourquoi les catholiques ne paient-ils pas pour la visite du Pape, alors que l'on doit subir tant de coupes budgétaires en ce moment?» Pat Brown, porte-parole de l'organisation pour l'Ordination des femmes catholiques - condamnée comme «un crime contre la foi» par le Pape - estime ainsi que les règles actuelles de l'Eglise «éloignent beaucoup de gens de dieu». «Nous voulons une Eglise plus tolérante, qui inclue les divorcés, les homosexuels, les femmes prêtres», explique-t-elle en faisant la grimace devant un panneau qui représente le Pape sous la forme d'un squelette en flammes.

Jason, un jeune-homme blond de 18 ans, est venu pour manifester contre le veto de l'Eglise à l'utilisation des préservatifs et distribue tracts et préservatifs à côté du cortège. «Des milliers de personnes meurent chaque jour parce que le Vatican interdit l'usage des préservatifs», proteste-t-il. Les manifestants ne sont pas amadoués par le qualificatif d'«innommable» utilisé par le Pape pour dénoncer les abus des prêtres pédophiles, lors d'une messe en la cathédrale de Westminster, samedi matin. Barbara Dorris, venue de Saint Louis aux Etats-Unis, porte une bannière avec une photo d'elle âgée de dix ans lors de sa première communion. Elle dit avoir été la victime d'un prêtre pédophile. «Nous avons déjà entendu des excuses de la part du Pape, mais il n'a pris aucune mesure», dit-elle.

A mesure qu'ils progressaient, les manifestants ont croisé des catholiques se dirigeant vers Hyde Park pour assister à une veillée de prière autour du souverain pontife. Quelque 80.000 fidèles y sont attendus. Certains ont échangé des invectives.
http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/18/01003-20100918ARTFIG00516-manifestation-contre-le-pape-et-les-positions-de-l-eglise.php

samedi 18 septembre 2010

Delarue, pourquoi tant de haine?

Il était l'enfant chéri de la télévision des années 90. Le symbole des animateurs-producteurs à succès. Il est aujourd'hui la risée de la profession. Mardi, Jean-Luc Delarue a une nouvelle fois quitté le petit écran pour les pages des faits divers. L'animateur de France 2 a été longuement entendu dans le cadre d'une enquête sur un vaste trafic de stupéfiants , lui qui, selon les premiers éléments de l'enquête, dépense pas moins de 10.000 euros par mois en cocaïne. Comment l'ancien animateur préféré des Français en est-il arrivé là?

Mercredi matin, Laurent Ruquier, lors de l'enregistrement de son émission sur Europe 1, a apporté un premier élément de réponse: "'S'il avait eu plus de considération pour ses collègues journalistes, il n'en serait peut-être pas là aujourd'hui". Jadis gendre idéal pour la ménagère de moins de 50 ans, Jean-Luc Delarue s'est construit une image médiatique qui ne colle pas avec la réalité de son personnage. Tous ceux qui l'ont côtoyé professionnellement -tout en louant ses qualités indéniables d'animateur- parlent d'un homme hautain, d'un égocentrique tendance tyrannique, loin du rôle d'oreille attentive qu'il joue chaque jour dans Toute une histoire. La rançon du succès?

A la fin des années 80, après un passage à TV6, il rejoint Europe 1, où il anime la matinale, avant de se faire repérer par les grandes chaînes de télé. En quelques années, sur Canal+ puis sur France 2, il s'impose comme l'un des animateurs préférés des Français, remporte deux Sept d'or, et monte sa boite de production, Réservoir Prod. Il est aujourd'hui le seul animateur à être encore propriétaire, là où Nagui ou Arthur, entre autres, s'en sont (chèrement) débarrassés. Il ne s'en plaint pas, Réservoir continuant à abreuver les chaînes d'émissions de flux. Son banquier non plus.

"C'est l'image même du service public qui est ternie"
L'argent coule à flot. Delarue ne s'en cache pas. Mieux, il l'exhibe. Dans son autobiographie*, Philippe Gildas, peu suspect de commérages, confie ainsi que "c'était la première fois qu'[il] voyai[t] quelqu'un qui se comportait en vedette de la télé en affichant clairement sa fortune." "Moi qui suis un O.S. de l'information, un artisan, je dois dire que ça m'a choqué", reconnait-il. "Quand je l'ai vu débarquer dans mon bureau avec une armée d'assistants autour de lui, très pro, je me suis dit que ce mec là avait tout compris", assure pour sa part Thierry Ardisson dans Confessions d'un baby boomer. Comme nombre de ses confrères locataires de la petite lucarne, Jean-Luc Delarue vit dans l'opulence, au point de perdre pied avec la réalité. Et tombe dans la cocaïne pour, dit-il, supporter la dureté des témoignages qu'il recueille depuis des années dans ses émissions. Un dérapage dans un avion, un autre lors d'une cérémonie officielle le place au banc des accusés.

Il n'est pourtant pas le seul consommateur de stupéfiants dans les milieux du show biz, et de l'audiovisuel, dont les moeurs abreuvent régulièrement les gazette people. Alors pourquoi lui? Pourquoi France 2 a-t-elle décidé mercredi de suspendre son émission? Pourquoi sa carrière télévisuelle risque-t-elle d'être mise entre parenthèses? Pourquoi doit-il s'excuser publiquement pour une affaire qui, finalement, ne concerne que sa vie privée? Justement parce que sa vie privée ne l'est plus, qu'il fait partie depuis 20 ans de "la grande famille du PAF", et que "c'est l'image même du service public et de ses 11.000 salariés qui est ternie", selon la CGT de France Télévisions. Et, aussi (surtout), parce que l'homme à l'oreillette s'est éloigné de l'image qu'il s'est façonnée, bien qu'il s'en défende. Le gendre idéal n'existe plus. Jean-Luc Delarue survit. Dans sa vidéo d'excuses, il réclame "une seconde chance". Il ne l'aura peut-être pas.

* Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles?, édition Flammarion
http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Delarue-pourquoi-tant-de-haine-220504

vendredi 17 septembre 2010

Dans le Pas-de-Calais à Salomé, c’est le Far West

Salomé, à une vingtaine de kilomètres de Lille, à la limite de l’ex-bassin houiller du Pas-de-Calais. Population : 3.000 habitants. Dont une dizaine de voyous… qui font leur loi. C’est la gueule de bois pour les villageois qui croyaient ce genre de mauvais sort réservé aux cités difficiles des banlieues sensibles. Car depuis l’élection du maire, Philippe Amielh (PS), en 2008, les dégradations dans le village se sont multipliées. Avec comme point d’orgue, début septembre, une rixe entre deux bandes rivales qui s’est soldée par des tirs de carabine. Décision du tribunal de Lille : 18 mois de prison pour le jeune tireur, originaire d’Haubourdin, un bourg voisin. « A Salomé, les gens ont en marre, explique Philippe Amielh. Ma crainte, c’est qu’à force de provocations, un habitant excédé en arrive à tirer un coup de fusil… »

Le jardin des poètes
Pour comprendre la mainmise de la petite bande sur ce bourg rural, il faut remonter le long des rues parsemées de maisons de briques rouges. Direction d’abord le « jardin des poètes ». Canettes qui jonchent le sol et tapage nocturne étaient ici le lot quotidien des riverains. Quelque temps après son élection, l’édile a réagi en pondant un arrêté d’interdiction de fréquentation du parc passé 21 heures. Aussitôt, les voyous « déménagent » place Bocquet, à côté de l’école. Ils y trouvent un Abribus, pratique pour s’abriter lorsqu’il pleut. Mais là aussi, les riverains sont tout sauf ravis de leurs nouveaux voisins. Les beuveries durent toute la nuit, sans compter les insultes. « Leurs passions, ce sont les joints et l’alcool, regrette le maire. Je veux bien faire un local, mais pas avec un bar à whisky et un fumoir. » L’Abribus est finalement démonté. La petite bande qui empoisonne la vie villageoise se rabat alors vers le porche de l’église. Là, sur des contreplaqués qui protègent tant bien que mal les portes du lieu de culte, les tags fleurissent. Le nom de la bande, « 59456 », et des insultes, contre la police et le maire.

Entre l’édile et la dizaine de voyous, c’est désormais la guerre ouverte. Les animaux de la famille Amielh ont été empoisonnés. Fin 2008, un des adjoints du maire a été agressé. En outre, Philippe Amielh a reçu des menaces de mort, subi un vol de voiture, un cambriolage et une tentative de cambriolage. Fin juin, un incendie a carrément été allumé dans son jardin.
Il n’est pas le seul à faire les frais de la bande. « On n’ose plus trop sortir, se lamente Gaëtan, un riverain de 24 ans. Une fois qu’ils sont réveillés, en début d’après-midi, il faut faire attention où l’on marche, sinon on se fait insulter. » Pour d’autres, dont ce patron de bar, « ce qui a déclenché les choses, c’est un manque de respect et de psychologie vis-à-vis de la jeunesse ».

Des procédures trop lourdes
Quoi qu’il en soit, début septembre, le maire a contre-attaqué en dénonçant un abandon de l’Etat. Dans la foulée, il a cumulé les rendez-vous en gendarmerie et en préfecture pour réclamer de « la fermeté et de la prévention ». « Tous les jeunes responsables des méfaits ont été condamnés, ils ont désormais une épée de Damoclès sur la tête avec la récidive, ils savent ce qui les attend », assurent les militaires qui notent, chiffres en main, que la délinquance est en baisse par rapport à l’année dernière. Pas sûr toutefois que cela suffise à rassurer Philippe Amielh, qui déplore « des procédures trop lourdes » pour lutter contre l’alcoolisation sur la voie publique. Et lance un appel aux députés : changer la loi pour pouvoir infliger des amendes, « ce qui aurait l’avantage de donner une sanction immédiate ». Pour le moment, c’est la seule solution qu’il ait trouvée pour que Salomé retrouve la tranquillité.
http://www.francesoir.fr/faits-divers/dans-le-pas-de-calais-salome-c-est-le-far-west.24070

9.000 Roumains ont déjà quitté la France cette année

Le président a de nouveau exprimé jeudi son objectif de démanteler les camps de roms illégaux.

Tandis que Nicolas Sarkozy était à Bruxelles pour évoquer la situation des Roms, quelque 150 Roumains étaient reconduits jeudi vers Bucarest. Mardi, deux vols charters avaient décollé. Éric Besson, le ministre de l'Immigration, a fait savoir que la politique d'éloignement des étrangers en situation irrégulière, notamment de Roumains ou Bulgares qui contreviendraient au droit, se poursuivrait.

Près de 9.000 ont quitté la France depuis le début de l'année. Avec une forte augmentation cet été. «Au rythme actuel, 1.700 Roumains ou Bulgares en situation irrégulière auront été reconduits entre le 28 juillet et la fin du mois de septembre», a détaillé Éric Besson.

Fin juillet, le gouvernement avait annoncé son intention de détruire 300 camps non autorisés. Le 5 août, une circulaire administrative interne au ­ministère de l'Intérieur ordonnait aux préfets «d'engager […] une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms», associant à ces mesures « la ­reconduite immédiate des étrangers en situation irrégulière». Fin août, 128 camps avaient été détruits.

La Halde a fait savoir jeudi qu'elle avait été saisie et que cette circulaire ferait l'objet d'une délibération. Tandis que deux ONG, le Gisti et la Ligue des droits de l'homme, ont annoncé qu'elles allaient engager des procédures judiciaires pour «discrimination raciale» contre le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et les auteurs de la circulaire du 5 août qui mentionnait expressément les Roms.

De son côté, la commissaire européenne Viviane Reding a, depuis, écrit au ministre de l'Immigration pour réclamer des comptes précis sur l'application de cette circulaire, jugée contraire au droit européen. Le gouvernement, qui espère échapper à une procédure d'infraction, prépare une réponse détaillée.


Sans travail ni ressource

En substance, il entend démontrer que les opérations de démantèlement ne visaient pas une ethnie, mais des situations d'occupation sauvage. «Nous n'avons jamais procédé à ce que certains ont appelé des expulsions collectives, tout se fait sous le contrôle du juge», a insisté hier le ministre de l'Immigration. Par la suite, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a examiné individuellement les cas. La plupart ont bénéficié de l'aide au retour humanitaire de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant. À partir du 1er octobre, l'Ofii disposera à d'un fichier bioptique avec empreintes digitales pour éviter que certains n'abusent du système.

Environ 15.000 Roms vivent en France, où ils bénéficient des règles de libre circulation de l'Union européenne (UE), mais résident souvent dans des abris de fortune. Après trois mois passés dans l'Hexagone, sans domicile ni sources de revenus, ils sont dans l'illégalité et deviennent expulsables. Pour ne pas tomber sous le coup de cette loi, certains font la navette tous les trois mois. Le gouvernement français voudrait d'ailleurs considérer ces allers-retours répétés comme des séjours longs, pour faciliter les expulsions des ressortissants sans travail ni ressource. Tout comme il entend qualifier la «mendicité agressive» et les «vols répétés» de troubles à l'ordre public.

Pour l'instant, Paris les éloigne pour occupation irrégulière de terrain, qu'il qualifie de trouble à l'ordre public, ou lorsqu'ils survivent uniquement de subsides publics. Une interprétation des textes que la Commission européenne conteste. Elle devrait achever au cours des prochaines semaines son analyse juridique permettant de déterminer si l'expulsion des Roms vers l'Europe de l'Est constitue une violation de la directive de 2004 sur la libre circulation.
http://www.lefigaro.fr/politique/2010/09/16/01002-20100916ARTFIG00696-9000-roumains-ont-deja-quitte-la-france-cette-annee.php

jeudi 16 septembre 2010

Bettencourt/Woerth: dossier à la CJR

Les éléments du dossier Woerth/Bettencourt demandés par le procureur général près la Cour de cassation pour examiner l'éventualité d'une saisine de la Cour de Justice de la République (CJR) seront envoyés aujourd'hui par le parquet général de Versailles,selon une source judiciaire.

La source judiciaire n'a pas donné de précisions sur le contenu du rapport réalisé par le procureur général de Versailles Philippe Ingall-Montagnier à partir des pièces transmises la semaine dernière par le parquet de Nanterre.

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a été saisi par une lettre du 11 août de l'eurodéputée Corinne Lepage (Cap21) dénonçant des faits susceptibles d'être considérés comme relevant de la prise illégale d'intérêts et du favoritisme concernant l'ancien ministre du Budget, Eric Woerth, englué dans l'affaire Bettencourt depuis le début de l'été. Une potentielle saisine de la commission des requêtes constituerait une première étape avant une éventuelle enquête de la CJR, juridiction d'exception qui juge les crimes et délits commis par les membres du gouvernement "dans l'exercice de leurs fonctions".

Eric Woerth, qui n'est à ce stade pas judiciairement mis en cause, est soupçonné de conflits d'intérêts entre ses anciennes fonctions gouvernementales de ministre du Budget, son ancien poste de trésorier de l'UMP, et l'embauche de sa femme Florence en 2007 par la société gérant le patrimoine de Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal. Il a en outre été mis en cause pour avoir remis la Légion d'honneur au gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt et patron de sa femme, Patrice de Maistre
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/16/97001-20100916FILWWW00432-bettencourtwoerth-dossier-a-la-cjr.php

Eric Woerth a bien traité une députée PS de «collabo»

Le député PS Christian Eckert s'est insurgé contre le ministre du Travail Eric Woerth qui a traité de «collabo» une député PS à l'Assemblée alors que les débats sur la réforme des retraites faisaient rage. Le compte-rendu des débats de l'Assemblée en fait foi. Mercredi au petit matin alors que les débats avaient duré toute la nuit la tension était montée entre le ministre et le Parti socialiste, annonçant une journée à rebondissements.

«Eric Woerth a bel et bien traité Catherine Coutelle de collabo dans l'hémicycle», s'est indigné le député de Meurthe-et-Moselle dans un communiqué mercredi soir. Lui aussi s'était fait apostropher de la même manière par le ministre avec un : «Et vous, vous ne valez pas mieux !».

Vers 6h20 du matin, la députée PS Catherine Coutelle avait attaqué Eric Woerth sur la question de la retraite des femmes: «Monsieur le ministre, vous nous avez plutôt habitués à mentir. Chez vous cela semble une seconde nature, voire votre nature». Ce à quoi le ministre avait répliqué: «Qui êtes-vous Mme Coutelle pour dire cela? Quel état d'esprit scandaleux !» avant de traiter l'élue de «collabo». Ces propos sont relatés dans le compte-rendu des débats.

Tron : «Une réplique proportionnelle à l'attaque dont il avait été l'objet»

Interrogé sur le sujet après le vote solennel sur les retraites, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, a expliqué qu'Eric Woerth avait été «provoqué» de «façon croissante et souvent grossière». «Est-ce que cette nuit, il a été l'objet d'une agression particulière? C'est oui», a-t-il répondu.

«Que ceux qui ont manié l'invective, l'insulte ce matin, et que ceux qui ont cherché à Eric Woerth des poux dans la tête, avec des mots qu'on n'emploie pas, ne s'étonnent pas qu'au bout d'un moment il y ait des réactions», a encore argumenté le secrétaire d'Etat. «Cette réaction n'était que la réplique proportionnelle à l'attaque dont il avait été l'objet», a-t-il dit encore.
http://www.leparisien.fr/politique/eric-woerth-a-bien-traite-une-deputee-ps-de-collabo-15-09-2010-1069626.php

mercredi 15 septembre 2010

Affaire Bettencourt : Metzner et Kiejman se sont affrontés dans un procès en diffamation

Deux ego judiciaires, Mes Georges Kiejman et Olivier Metzner, ont livré bataille mercredi devant le tribunal de Paris, à l'occasion d'une audience en diffamation, chacun cherchant à affirmer tant sa suprématie d'avocat que sa position dans l'affaire Bettencourt.

A leur arrivée au tribunal, les deux ténors du barreau ont échangé une poignée de mains polie, avant de passer aux piques assassines. Depuis la mort de Marie Trintignant, où Me Metzner défendait Bertrand Cantat et Me Kiejman la famille Trintignant, les deux avocats se sont souvent écharpés. Mais c'est l'affaire Bettencourt qui a porté cette agressivité à son paroxysme.

Mercredi, c'est Me Metzner et sa cliente Françoise Bettencourt-Meyers qui assignaient en diffamation l'ancien ministre socialiste.

Les propos litigieux remontent au 20 juin 2010. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Me Kiejman avait dénoncé "un complot organisé de longue date", dont "le cerveau (...) s'appelle Olivier Metzner". Il reprochait à son confrère et à la fille Bettencourt d'avoir commandité les enregistrements pirates réalisés au domicile de Liliane Bettencourt par son majordome, puis d'avoir transmis ces écoutes à la presse. Ils réclament un total de 250.000 euros de dommages et intérêts.

Fidèle à sa réputation de grand impulsif, Me Kiejman, 78 ans dont 57 ans de barreau, tient difficilement en place mercredi devant les magistrats de la 17e chambre.

"Vous avez déjà dit dix inexactitudes, n'en rajoutez pas!" s'énerve-t-il sur son banc, à l'écoute de son adversaire. "Il va finir par me tuer! (...) Je suis trop vieux pour supporter tout ça".

"Je suis un homme qui joue la transparence", répond sans se démonter Me Metzner, 60 ans, qui a défendu tour à tour Kerviel, Noriega ou Villepin.

Un palmarès qui n'impressionne guère de l'autre côté de la barre. "Les grands avocats appartiennent au passé", cingle Me Kiejman dans un regard méprisant, après avoir cité des pénalistes connus de l'après-guerre comme Henri Torres ou René Floriot.

"Je n'ai aucune animosité personnelle", poursuit le bretteur, "c'est grotesque. Certes, il m'agace mais il doit en agacer beaucoup d'autres. Ca va vous paraître extrêmement orgueilleux, mais je crois que non seulement, il ne boxe pas dans la même catégorie que les grands fantômes que j'ai évoqués, mais il ne boxe même pas non plus dans la mienne".

Sur le fond, les deux avocats ont de nouveau ferraillé sur la question des enregistrements.

"Je n'ai pas enregistré, je n'ai demandé à personne d'enregistrer, jamais", martèle Me Metzner. "Il me critique, c'est son droit" mais "quand on m'accuse d'avoir orchestré des enregistrements clandestins par un majordome que je ne connais pas, je ne peux accepter qu'on puisse laisser penser que je serais capable de faire espionner, de trahir la vie privée".

"Ces enregistrements auraient été remis spontanément à Françoise Bettencourt-Meyers. Moi je dis qu'on nous prend pour des enfants de choeur", ironise son contradicteur. Pendant un an, le majordome "va enregistrer clandestinement (...) et il n'aura à aucun moment l'idée d'en parler à Françoise Bettencourt-Meyers? Ca ne tient absolument pas debout!"

"Me Metzner n'est pas étranger à ce piège qui a été tendu à ma cliente", insiste le conseil de Liliane Bettencourt, tout en prévenant le tribunal de l'importance de la décision qu'il va rendre. "Même si on ne me condamne qu'à un euro, (...) ma parole sera discréditée".

Décision le 20 octobre.
http://www.lepoint.fr/societe/affaire-bettencourt-metzner-et-kiejman-se-sont-affrontes-dans-un-proces-en-diffamation-15-09-2010-1236825_23.php

Sarkozy suggère à Reding d'accueillir des Roms au Luxembourg

Nicolas Sarkozy a suggéré mercredi à la commissaire européenne Viviane Reding, qui a critiqué les renvois de Roms par la France, d'accueillir des Roms au Luxembourg, son pays d'origine, ont indiqué des sénateurs UMP à l'issue d'un déjeuner avec le chef de l'Etat.

"Il dit qu'il ne faisait qu'appliquer les règlements européens, les lois françaises et qu'il n'y avait absolument rien à reprocher à la France en la matière mais que si les Luxembourgeois voulaient les prendre il n'y avait aucun problème", a rapporté le sénateur de Haute-Marne, Bruno Sido.

"Il a dit que notre politique était la bonne et qu'il était scandaleux, il s'en expliquera d'ailleurs demain (ndlr: jeudi à Bruxelles lors d'un Conseil européen), que l'Europe s'exprime de cette façon sur ce que fait la France", a poursuivi M. Sido devant la presse.

Son collègue de Seine-et-Marne Michel Houel a confirmé que le chef de l'Etat avait indiqué, en substance, que "le commissaire européen habite le Luxembourg, qui est très proche de la France, nous serions très heureux si le Luxembourg pouvait aussi accueillir quelques Roms".

M. Houel a ajouté devant la presse que Nicolas Sarkozy ne s'était "pas tout à fait" exprimé comme lui mais que c'était "ce que ça voulait dire".

Mardi, la commissaire à la Justice Viviane Reding a vertement dénoncé une circulaire émise en août par le ministère de l'Intérieur, remplacée depuis, qui ciblait expressément les Roms pour les expulsions. "Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Deuxième Guerre mondiale", a-t-elle lancé.

L'Elysée a fait savoir mercredi que ces propos étaient "inacceptables" mais a prêché l'apaisement en estimant que l'heure était à un "dialogue apaisé" entre Paris et Bruxelles sur ce sujet.
http://www.lepoint.fr/societe/sarkozy-suggere-a-reding-d-accueillir-des-roms-au-luxembourg-15-09-2010-1236668_23.php

Retraites: séance suspendue, colère dans l'hémicycle

Le ton est monté d'un cran mercredi matin à l'Assemblée nationale où les députés examinent sans relâche le projet de loi sur la réforme des retraites depuis mardi, 16 heures, et avec une heure de pause seulement. Vers 9 heures 30, mercredi, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a suspendu la séance-marathon et convoqué une prochaine séance à 15 heures, heure initialement prévue pour le vote solennel sur l'ensemble du projet de loi de réforme des retraites.

Le président de l'Assemblée a ainsi mis fin aux explications de vote personnelles de cinq minutes chacune sur le texte que les députés de gauche avaient commencées à 7 heures 45, et qu'ils entendaient poursuivre toute la journée pour retarder l'heure du vote. "Je ne laisserai pas, au travers de petites manoeuvres, l'obstruction qui est paralysante et dévalorisante pour notre Parlement, se réinstaller", a lancé Bernard Accoyer devant un hémicycle survolté. Spectacle inédit : les députés de gauche ont alors manifesté dans le Palais-Bourbon en hurlant "démission". Bernard Accoyer a annoncé sa décision juste après l'intervention de l'ex-Premier ministre Laurent Fabius.

Sévère échange verbal

Toute la nuit, les députés ont discuté du fond du texte (articles et amendements sur la pénibilité, retraite des agriculteurs...), avec parfois de longues interventions à la tribune, comme l'ont fait Jean-Marc Ayrault, puis Yves Cochet (Verts). La réforme de la médecine du travail a provoqué un sévère échange verbal entre l'opposition et Eric Woerth, qui est "sorti de ses gonds" selon les mots de Martine Billard (Parti de gauche) (lire l'article).

La tension est encore montée d'un cran juste après 7 heures quand le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a signifié au groupe PS et apparentés qu'il avait épuisé son temps de parole (quelque 19 heures au total sur l'ensemble du texte). Cela veut dire que les députés PS ne pouvaient plus s'exprimer sur les  derniers articles du texte, portant sur l'égalité des retraites hommes/femmes

Pendant la nuit, les députés ont notamment adopté les mesures sur la pénibilité au travail annoncées par le chef de l'Etat.
http://lci.tf1.fr/politique/2010-09/retraites-la-seance-marathon-suspendue-colere-dans-l-hemicycle-6067799.html

Affaire Woerth/«Le Monde»: Daniel Vaillant «n'a jamais été saisi»

Ancien ministre de l'Intérieur, le député (PS) de Paris Daniel Vaillant siège, actuellement, à l'assemblée plénière de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS). Cette instance, qui dépend de Matignon, est en principe saisie de toute demande d'écoute ou de vérification de listings téléphoniques.
Dans l'affaire des fuites dans le journal «Le Monde» dans l'affaire Bettencourt/Woerth, la CNCIS n'a jamais été sollicitée, indique-t-il.
- Aux côté de son président Hervé Pelletier et du sénateur Jean-Jacques Hyest, vous formez l'assemblée plénière de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS). Avez-vous été saisi d'une demande de vérification des listings de David Sénat?
Daniel Vaillant: Absolument pas. Dans cette affaire, Matignon ne nous a jamais saisi de la moindre demande. C'est pourtant par les services du Premier ministre que doivent transiter toutes les demandes de ce genre. A nous, ensuite, de donner un avis.
- Existe-t-il une procédure spéciale pour les dossiers sensibles?
La seule procédure particulière concerne la lutte contre le terrorisme. Dans ce cadre, ce n'est pas la CNCIS mais une «personnalité qualifiée», choisie par nous, que saisit d'abord le Premier ministre pour avis. Nous ne sommes destinataire de la demande qu'en deuxième rideau.
- Vos avis sont consultatifs. Matignon s'y conforme-t-il?
Dans 99,9% des cas, oui.
- Dans cette affaire, est-il possible que la Direction centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) ou que la Direction générale de la Police nationale (DGPN) aient agi sur leur propre initiative?
Tout est possible. On peut même imaginer que l'Elysée n'ait pas été courant de ces vérifications. Mais je crois tout de même nécessaire de rappeler au président de la République qu'il n'a pas de pouvoir de police. Et que le ministère de l'Intérieur n'a pas, en principe, à lui rendre des comptes.
- Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a précisé, hier, que les services de la DCRI n'avaient pas procédé à des écoutes téléphoniques...
Encore heureux! Ce serait tout à fait illégal de procéder à de telles écoutes sans notre avis! Mais, qu'il le veuille ou non, ce qui vaut pour les écoutes administratives vaut aussi pour les vérifications de listings: les unes, comme les autres, ne peuvent être réalisées sans notre accord. Aucun service de renseignement ne peut décider de vérifier les appels passés par un particulier sans notre avis. Il va falloir habituer cette chère hiérarchie policière à respecter le cadre de la loi...
http://www.leparisien.fr/affaire-bettencourt/affaire-woerth-le-monde-daniel-vaillant-n-a-jamais-ete-saisi-14-09-2010-1068266.php

mardi 14 septembre 2010

AFFAIRE WOERTH - Le "gendarme des écoutes" refuse de couvrir les services secrets

La Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) refuse de couvrir les recherches effectuées sur le téléphone portable de David Sénat, le conseiller de Michèle Alliot-Marie.

En juillet dernier, Frédéric Péchenard, directeur général de la police et accessoirement ami d'enfance du Président, donne l'ordre à Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, (DCRI) d'identifier l'auteur des fuites dans la presse sur l'affaire Woerth. Dans le collimateur de l'Intérieur : un article du Monde daté du 18-19 juillet qui reprend presque in extenso le procès-verbal d'audition de Patrice de Maistre. Un PV dans lequel le conseiller de Liliane Bettencourt révèle aux enquêteurs de la brigade financière avoir embauché l'épouse d'Éric Woerth à la demande de ce dernier. Un coup dur pour le ministre du Travail, en pleine négociation sur la réforme des retraites.

Très vite, David Sénat, le conseiller pénal du ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, se retrouve ciblé grâce à un "tuyau", comme on l'indique à la DCRI. Les appels entrants et sortants de son téléphone portable - les "fadettes", comme on les appelle dans le jargon policier - sont passés au peigne fin. On est alors dans le cadre d'une enquête administrative, c'est-à-dire non judiciaire.

Les contacts téléphoniques de David Sénat sont tous identifiés. Un nom, qui revient plusieurs fois, saute aux yeux de la DCRI : celui de Gérard Davet, le journaliste du Monde dont l'article a contrarié l'Élysée.

Secret défense

La DCRI tient la preuve que David Sénat est bien l'auteur des fuites. Sauf que, d'après nos informations, les services de renseignement n'auraient pas respecté la procédure. En effet, pour récupérer la fadette et identifier les numéros de téléphone, la DCRI, qui indique avoir agi dans le cadre d'"une atteinte à la sécurité nationale", devait solliciter l'avis de la Commission des interceptions de sécurité. Or, interrogé par Le Point, son délégué général, Rémi Risio, affirme que "si tel avait été le cas, la commission aurait donné un avis défavorable". À chaque fois, la commission transmet les demandes qu'elle reçoit à Matignon. Au cabinet du Premier ministre de donner ou non le feu vert. Matignon a-t-il vu passer la demande concernant le conseiller de MAM, et, si oui, la rue de Varenne aurait passé outre l'avis négatif ? Contacté par Le Point, le service de presse du cabinet de François Fillon a refusé de répondre, invoquant le "secret défense" qui couvre les écoutes et les données de connexions - comme les fadettes - récupérées hors judiciaire. Même refus Place Beauvau, qu'il s'agisse du cabinet de Brice Hortefeux, du patron de la police ou de celui du renseignement.

En fait, selon nos informations, le ministère de l'Intérieur n'aurait jamais transmis à Matignon la moindre demande concernant le téléphone portable de David Sénat. La DCRI aurait donc travaillé en dehors des clous, en violant la loi de 1991 qui régit toutes les interceptions "administratives".

De son côté, le parquet de Paris ne mettra son nez dans l'affaire que le 4 août, en ouvrant une enquête préliminaire, suite à la plainte pour "violation du secret professionnel" déposée par Fabrice Goguel, l'ancien avocat fiscaliste de Liliane Bettancourt. Et c'est le 7 septembre que le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, reçoit du patron de la police, Frédéric Péchenard, une note de la DCRI désignant le conseiller de MAM comme l'auteur des fuites.

Trois jours plus tard, Jean-Claude Marin se fendait d'une lettre pour demander à la DCRI des précisions sur la nature "des vérifications techniques" effectuées. Il attend toujours la réponse...
http://www.lepoint.fr/societe/affaire-woerth-le-gendarme-des-ecoutes-refuse-de-couvrir-les-services-secrets-14-09-2010-1236163_23.php