Le père de la victime, Jean-Pierre Crémault, a appris «la nouvelle avec soulagement» et se dit «rassuré» car, enfin, «il y aura un procès». Les parents de la petite victime redoutaient que son bourreau ne soit jamais jugé en raison des troubles psychiques qu'il invoquait pour justifier son geste meurtrier. Hier, la procureure de Bourg-en-Bresse, Marie-Christine Tarare, a prévenu qu'elle allait requérir le renvoi en cour d'assises de Moitoiret et de sa compagne, Noëlla Hego.
«Nous avons toujours eu la certitude que celui qui a fait cela n'était pas un fou, lâche Jean-Pierre Crémault. Je refuse de parler de lui comme d'un homme. Après avoir tué notre fils, il s'est débarrassé de l'arme et a pris soin de changer ses vêtements tâchés de sang et pour un fou, il a pris beaucoup de précautions pour se cacher». Le père de Valentin paraît épuisé d'avoir attendu «un procès si utile» à leur «sauvegarde morale». Un procès dont son épouse, Véronique, n'a pu pu être immédiatement informée. La mère de famille a tenté de mettre fin à ses jours dans la nuit du 8 au 9 mai dernier, en absorbant des médicaments sur la tombe de son fils. C'est une patrouille de gendarmerie qui l'a retrouvée sur la sépulture où elle se rend chaque jour. Elle est toujours hospitalisée et ne devrait pas sortir avant la fin du mois de juin. Depuis le drame, elle n'a jamais pu reprendre son activité professionnelle et a été licenciée le 31 mars dernier par l'enseigne de grande distribution qui l'employait. «C'est une double peine. Ce drame a ruiné nos vies», commente sobrement Jean-Pierre Crémault.
«Dix experts se sont déjà penchés sur le cas de Stéphane Moitoiret. Nous en sommes à la troisième série d'expertises. Ils sont cette fois unamimes dans leurs conclusions et considèrent qu'il n'y a aucune altération de sa responsabilité. Il est temps qu'il soit jugé», indique Me Jacques Frémion, l'avocat de la famille. Stéphane Moitoiret a répondu aux experts qu'il «savait qui avait tué Valentin» et a évoqué «le diable». Noëlla Hego, la compagne du routard, qui avait lavé son linge après le meurtre, est déclarée accessible à une sanction pénale et est poursuivie pour «non dénonciation» et «non empêchement de crime». Elle a toujours expliqué qu'elle vivait «terrorisée» par Moitoiret. Les avocats du couple ne savaient pas hier s'ils allaient demander à leur tour de nouvelles contre-expertises.
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