Au terme d'une traque de sept jours menée par la police britannique, et suivie en direct par les caméras, le fugitif a mis fin à ses jours, probablement avec l'arme qu'il pointait sur sa tête, malgré six heures de négociation.
Une armée de quelque 160 policiers commandos soutenus par des blindés légers et des hélicoptères avaient resserré les mailles du filet autour du fugitif aux abords du village de Rothbury, près de Newcastle, dans le nord-est de l'Angleterre.
Par sécurité, les habitants de la bourgade étaient consignés dans leurs maisons.
Raoul Moat, 37 ans, était sorti de la prison de Durham le 1er juillet, après une peine de 18 semaines pour agression. Il avait appris, durant sa détention, que sa petite amie l'avait quitté pour un autre homme. Le 2 juillet, après avoir découvert un énigmatique message posté par Moat sur Facebook, l'administration pénitentiaire avait averti la police du danger que pouvait représenter l'ancien videur de boîte de nuit. Le drame s'est produit quelques heures plus tard, dans la nuit du 2 au 3 juillet. Il a abattu le nouveau compagnon de son ancienne petite amie, Chris Brown, et grièvement blessé celle-ci et un policier.
Culturiste accro aux stéroïdes
Un mois après la virée sanglante d'un chauffeur de taxi qui a tué 12 personnes dans le nord-ouest de l'Angleterre, le Royaume-Uni s'était découvert un nouvel ennemi public numéro 1. Culturiste accro aux stéroïdes, repris de justice, père absent de trois enfants, Moat semblait porté par une haine générale de l'uniforme, qui aurait redoublé lorsqu'il aurait appris de la bouche de son ex-petite amie que son nouveau compagnon était lui-même policier. En fait, Samantha Stobbart, 22 ans, lasse des menaces et des coups, avait menti, espérant qu'il la laisserait tranquille.
Vingt quatre heures après avoir mortellement blessé Chris Brown, le meurtrier avait tiré sur un policier en patrouille. David Rathban tentait probablement d'appeler des renforts lorsque Moat a visé au travers de la vitre de sa voiture. Le policier a été atteint au visage et la police avait diffusé des photos terribles du blessé. Le tueur avait ensuite pris contact avec les enquêteurs. «Vous ne me prenez pas au sérieux», leur reprochait-il étrangement. Il faisait référence au message envoyé les 3 juillet, dans lequel il écrivait : «La nuit dernière, j'ai appelé le 999 (Ndlr : le numéro d'urgence de la police anglaise). J'ai déclaré la guerre à la police de Northumbria avant de tuer un officier».
Comme dans le scenario d'un thriller hollywoodien, la BBC a diffusé des images - granuleuses et verdâtres d'un objectif de vision nocturne - du dénouement, sous la pluie, où l'on entend des hurlements et des aboiements dans la campagne. La BBC assurait en outre qu'on percevait un coup de feu.
«La police a découvert un homme correspondant au signalement de Raoul Thomas Moat vers (20 heures heure française), sur les berges d'une rivière dans les environs de Rothbury», a expliqué le commissaire Mark Denett après le dénouement. «Quand il a été découvert, il était armé. Des experts en négociation ont été dépêchés pour s'entretenir abondamment avec lui pendant plusieurs heures», a-t-il précisé, ajoutant qu'aucun policier n'avait été blessé.
Six personnes ont été arrêtées, soupçonnées d'avoir aidé le fugitif, et des téléphones portables saisis
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